1586.
Lettked’un Catho.
fRAMÇOIS.
426 .MEMOIRES
a un seul da contraire parti ? Et pourquoi les Habitans deBourg se jettoient-ils tous les jours pardeílùs les murailles ? Etpourquoi ceux d’Agen mêmes , où la Reine de Navarre étoit,qui moins se dévoient reíïentir de leurs excès pour fa présence,ont-ils été réduits à tel désespoir que de les aller forcer dedansleurs Citadelles & les en chaíîèr honteusement ? on sait qu’ils yont vécu tous à discrétion ; qu’ès lieux où ils ont fait mine depayer , il s’est trouvé que c’étoit fauíïe mon noie : qu’ils les ontcontraints à sommes excessives , & par rigueurs extraordinaires,j’en ai honte , ôc íi le faut-il dire , qu’il y a eu des femmespendues pour avoir gémi Sc soupiré. Il allégué deux ou troisexemples des cruautés du parti contraire : qui ignore que la guer-re n’en produise ? que la guerre ne mene à sa suite des mé-dians , qui se font connoître par leurs actes tels qu’ils font ?mais quel champ ouvre-t-il de lui répondre, quand en pleinepaix ils peuvent objecter les horreurs de la guerre , au plus riantaune Comédie , les cruautés tragiques, plus en une feule Vil'íe , & en un jour , qu’il n’en sauroit recueillir en trente annéeS-11 revient toujours fur le Roi de Navarre., Sc l’accusc , qiïilfat -soit pendre les Moines en la prise d’Angoulême. Chacun fait quelors il étoit à la Rochelle avec la feue Reine fa mere , Sc qu’il11 e prit les armes qu’aprèsla bataille de Jarnac. AuJJì qu un du CapJe j'on Lieutenant à Bâ^as commit cruauté injîgne à £ endroit d U"ne femme. Je fais comme le Caíle Capitaine de la Citadelle étotfhomme violent Sc vicieux. Je n’ai toutessois entendu cette hibtoire : bien sais-je que le Roi de Navarre lui ôta la charge de l<jVille de Bazas. Et furies plaintes que lui fit M. le Maréchalde Matignon , qu’il fortifioit une tienne maison auprès , l’all*prendre en' cette mâifon-là , lui-même ; ou autrement il eût fa-lu mener le Canon, Lc la fit raser à la même heure. Et depuhson frere s’étani par : d épi t mis de la Ligue, qui prenoit tout 1 erebut des autres, ledit Sieur Maréchal le fit prendre à BourdeaU*tout chaudement lui fit trancher la tête.
Pagepz. Quant aux inhumanités exercées à Montauíl en RComté de Foix: cinq cens Gentilshommes Catholiques fi 1 ) 1fiaient en Fóix, lorsque Monlieùr d’Epernon vint à Pamf eSVoir le Roi de Navarre , témoigneront ce que j’en dirai ; éc fdirai plus , Monsieur Duranty même >, premier Président a 1 *Parlement de Toulouse , sait q.u’il n’y fut répandue une gen-te de sang ni pris un poulet, ni rien attenté contre person^en fa Religion 3 en son honneur , en sa vie , en ses biens ;