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Lettred’cn Catho.François'
446 MEMOIRES
Jes vingt-sept Edits nouveaux, qu’à Messieurs de la Ligue ; Editsqui confondent la Justice, la Police , les Finances, qui ren-dent taillable la Nobleíîè, qui donnent le dernier coup au Tiers-Etat ? Edits dont Messieurs de Guise prennent une partie pourleur particulier. Vendeurs de marée Sc de bétail, Receveurs al-ternatifs d’épices , ampliations à tous Sièges Roïaux en finan-çant , Lieutenant de Robbe-longue en chaque Election , l’he-rédité des Chambres des Comptes en partie , outre ce que lesdeniers qui provenoient des autres font destinés à leur guerre ?c’est-à-dire, passent par leurs mains , font distribués Sc dispen-sés par eux ; Sc n’objectent pas ici ceux de la Ligue , au Roi deNavarre les deniers qu’il leve maintenant pour se conserver con-tre leurs attentats. Ce qui est licite à qui défend fa vie , n’estpas estimé licite à qui aflàut autrui, l’un vient de nécessité, l’au-tre d'un guet-à-pens, l’un excusé par les Loix divines Sc hu-maines , l’autre condamné , l’autre puni exemplairement en toutpais y par toutes Loix : c’est en ce cas que David mange lespains de proposition , en ce cas qu’il prend le glaive consacréà Dieu des mains du Sacrificateur ; Sc si jamais Prince se trou-va en même cas pour ce regard, c’est celui auquel ils font laguerre, qui a le ciel Sc la terre garants de son innocence : leursMajestés » tous les Parlemens , toute la France témoins de íapatience, qui ne s’est jamais voulu armer que quand il a vu laLigue en ses entrailles , les forces du Roi jointes aux leurs, loRoi lui faisant assez entendre par ses actions Sc par ses lettresque qui s’armoit contre cette armée , ne s’armoit pas contre lui,s’armoit pour lui.
Page 11 y. II lui deult qu’on appelle ceux de la Ligue , Espa-gnols : c’est signe qu’on a touché le malil en frémit : ejí-tfvice , dit-il, que tsêtre EJpagnol ? C’est vertu certes à l’Espagnold’être bon Espagnol. Au François, ce n’est vertu d’être Espa-gnol , c’est louange d’être bon François. L'Espagnol , dit-il »efì & a toujours été bon Catholique , il n a passait comme nous e sPaïs-Bas j il y a procédé par les armes , non par Edit de p a ci fi'cation . Et pauvre homme , s’il le savoir bien , aux troubles dç sPaïs-Bas de l’an soixante-cinq, ce ne furent qu’Edits de paci-fication ,, du temps de la Ducheste de Parme ; Sc nous íavoflSla pacification de Gand de lan septante-six, par laquelle ceii#de Hollande 8c de Zelande ont libre exercice de leur Religionpar tout ; Sc la Meíïè par exprès n’y est point rétablie, Sc l eSbiens de l’Eglise demeurent aliénés entièrement ; 8c toutes leS