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Tome premier.
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1585.

VOÍAGE DE

Fr. DRAckE.

'49 r MEMOIRES

données; qui est l’occaíìon pour laquelle on est contraint dese servir de monnoie de cuivre, dont nous trouvâmes grandequantité. Le principal trafic de ce lieu est en sucre , gingem-bre qui croît en l’Iste , Sc cuirs de Bœufs Sc Vaches qu’on nour-rit en grand nombre aux quartiers les plus Occidentaux de liste,le terroir étant fort fertile , les bêtes d’une merveilleuse gros-seur , Sc lesquelles on tue la plupart pour leur cuir. II y avoitmerveilleusement grande provision de vins forts , huiles dou-ces, vinaigres, olives , Sc de très bonnes farines dans des pipesde vin , Sc autres commodités de draps Sc toiles , avec quel-ques foies qui étoient venues d’Espagne. La vaisselle d’argentn’étoit pas grande, en comparaison de l’exceíîive pompe de cetteVille en autres choses , pourcequ’en ces Pais chauds on se sertplus de vaistelle de terre, belle Sc bien vernie ( qu’on appellePorcelina , Sc qui vient des Indes Orientales ) Sc des verres beaux,lesquels on fait fur le lieu. Néanmoins nous découvrîmes quel-que vaistelle d’argent Sc autres ustensiles aster riches, lesquelsils avoient cherement achetés, mais qui nous étoient de peude valeur.

Puis de-là nous allames vers la terre ferme ; & passant toutau long de la Côte , nous vinmes enfin à la vue de Cartagena ,étant assise si près du bord de la Mer , que nos plus petites Bar-ques y passèrent si près, qu’elles tiroient jusques dedans avec leurscoulevrines, lesquelles ils avoient plantées fur certaines plate-formes. L’entréc du Havre est environ cinq mille ( qui fontdeux lieues Sc demie ) vers l’Occident, dans lequel nous entrâ-mes environ fur les quatre heures après dîner, fans empêche-rnens quelconques , pourcequ’il n’y avoit aucune plate-formeou artillerie destùs. Le soir venu , nous mimes pied à terre prèsde l’entrée du Havre , fous la conduite du Capitaine Carlilnotre Lieutenant Général ; & après que nous fumes en ordrepour pouvoir résister à tous accidens , nous marchâmes fur Mmi-nuit tout bellement Sc pas à pas , tout au long de la Mer futle sablon ? afin de passer outre , Sc ne nous fourvoyer de notrechemin , comme nous avions fait un peu au commencement,par faute d’un Guide. Mais comme nous fumes environ unelieue de la Ville , leur Cavalerie ( laquelle étoit environ de centhommes ) nous vint au-devant, Sc se donnant l’allarme , se t e “tirèrent vers la Ville à la premiere volée de notre Arquebuse»rie ; car la Place où nous les rencontrâmes , n’étoit pas à le^javantage, parcequ’elle étoit pleine de bois Hr buissons.