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Tome premier.
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D E L A L I G U E. 55 r

lui: sur quoi il supplia au moins fa Majesté, de vouloir j erreren ses Lettres quelques semences de réponse, qu’il lui avoir ,plu faire, afin qu’il eût plus de matière, 6 t de parler, & d’ê- Dtre cru : ce que Sa Majesté lili aïant promis, lui demanda, p Lî ssis.quand elle trouveroit bon qu’il vînt quérir ses Lettres : il répon-dit qu’il les écriroit présentement 6 e tout devant lui ; ce qu’ilfit de sa main, puis les lui lut ( encore , disoit-il, qu’il n’eûtcette coutume de montrer ses Lettres ) ; 6 c les aïant fait fermerpar Duhalde , qu’il appella de la Garderobbe , les lui bailla ,ajoutant plusieurs paroles gracieuses duRoi de Navarre, 6 c ré-pétant le gré qu’il lui savoit, d’avoir envoie vers lui pour cefait, même personne qui tient tel lieu auprès de lui.

Ce propos conclu, il dit au sieur Dupleíìîs : Et bien, ne ver-rai-je jamais le Roi de Navarre, mon Frété? 11 lui réponditque ce lui étoit un grand malheur de ne pouvoir accom-plir ie désir qu’il avoir de baiser très humblement les mainsde Sa Majesté ; mais que , dès qu’il tournoit tête vers la Fran-ce , pour s’en approcher , il sembloit qu’on prît plaisir de lemordre par derrière, pour le faire tourner ailleurs, comme toutfraîchement se seroit vû, qu’étant à Sainte-Foix , pour paílèren Xaintonge, on surprit Âleth, avec grand carnage de ceuxde la Religion, dont le voisinage est troublé; en danger, s’iin’y eût pourvu en se rapprochant, de remettre par - là tou-te la Province, ôc conséquemment tout l’Etat en trouble. LeRoi lui dit que telles choses lui déplaisoient grandement ; qu’èsProvinces plus proches de fa résidence , on ne voioit telleschoses advenir , parcequ’elles se reísentoient de plus près de sonintention, qui n’étoit que de maintenir ses Sujets en paix;qu’il s’asturoit que ses Sujets ne lui imputoient tels actes, 6 csavoient bien considérer que la prise d’une Ville d’Aleth n’étoitpas l’entreprise d’un Prince tel que lui. Ledit Dupleísis répli-qua , que ses Sujets de la Religion ne se plaignoient pas de l’in-tention de Sa Majesté , mais du peu de devoir que ses Officiersrendoient à l’exécution d’icelle ; que l’impunité engendroitcoûtumierement l’injustice, & qu’à la vérité la tolérance detels attentas en plusieurs endroits, n’avoit pû apporter autrechose ; que le Roi de Navarre supplioit très humblement SaMajesté d’y mettre à bon escient la main , pareeque le pauvrePeuple , qui est trop éloigné de lui pour pénétrer son inten-tion , ne la peut juger que par les effets qu il sent, lesquelstoutefois le plus souvent tiennent plus de la passion des exé-