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Tome premier.
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55 i MEMOIRES

—--—- cuteurs , que de la nature de celui qui commande. De - là il

1 5 ^ 3 • vint à parler des défiances qu’avoit ému en Dauphiné dc Lan-négocxat. guedoc son voïage de Lyon, comme s’il y fût venu pour ypJssis! U dresser la guerre contre ses Sujets de la Religion. Qu’étant ve-nu àBourbon-Lancy pour fa santé, il avoit été prié de venirvisiter sa Ville de Lyon & sa Noblesse des Païs circonvoisins;qu’il n’avoit autre désir que la paix ; qu’il l’avoit promise, dcla vouloir saintement tenir, comme Prince qui faisoit singu-lier état de sa parole ; qu’il n’eut jamais vouloir de tenir la paixde 76, mais qu’aussi ne le cela-t-il point, pour la façon dontelle avoit été faite ; qu’autrefois il avoit pensé ramener ses Su-jets de la Religion j>ar la rigueur des armes, mais que Dieului avoit fait connoitre avec l’expérience, que tels moïens n’é-toient pas propres à telle fin ; qu’il faisoit état de sa Religion,la croioit fermement , prioit Dieu de lui donner plutôt lamort, que de s’en départir tant soit peu ; même voudroit avoirdonné un bras , & que tous ses Sujets en fiílênt profession ,mais que ce feroit quand il plairoità Dieu; & que dorénavantil étoit résolu de les laisser vivre en paix, sous le bénéfice deses Edits ; seulement qu’on ne commençât rien contre lui.

Ledit sieur Duplessis répondit , qu’il étoit aucunement àpardonner au peuple éloigné de Sa Majesté, s’il se défioit quel-quefois fans sujet, parceque bien souvent il sentoit du malpar la main des Serviteurs , encore qu’il n’y eût rien que bienau cœur du Maître, qui n’étoit découvert qu’à ceux qui avoientcet honneur d’en approcher: qu’il prioit Dieu qu’il le main-tînt en cette bonne résolution, de n’attenter plus fur les cons-ciences par les armes, qui font naturellement instrumens dedivision, & non dc réunion; dc qu’y continuant, il ne pour-roit attendre que toute bénédiction, dc conséquemment touteprospérité de sa main. Quant au Roi de Navarre, 8c à ceuxde la Religion, que Sa Majesté pouvoit s’aíïîirer qu’ils ne pen-soient qu’à jouir de ses Edits, dc qu’il n’en falloit autre argu-ment que le peu de profit qui leur peut revenir des guerresciviles ; qu’en telles guerres, à tout prendre , ceux même quisemblent gagner, perdent toujours : toutefois qu’il n’y a douteque ceux qui se tiennent près du Souverain , n’aientdes moïensde s’avancer, les uns aux honneurs, les autres aux biens, quifont les deux choses que les hommes cherchent ordinairementpar leurs actions ; que ni l’un ni l’autre au contraire ne serencontrent en la fuite du parti auquel le Souverain fait la guer-re,