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AVERTISSEMENT.
ï_j E Roi, n’ignorant pas l’intention de ses ennemis être de mettre entotale confusion les affaires du Roïaume, pour en livrer plus aisémentpuis après une partie à l’Espagnol qui y continuoit ses négociations, Sc re-tenir l’autre pour eux, se résolut aussi de continuer en son dessein, quiétoit de les harasser ores d’un coté , puis de l’autre, pour les amener fina-lement à quelque raison. Sur-tout il desiroit attirer les Espagnols au com-bat , où il esperoit que la justice de ses armes paroîtroit, & qu’ensin cesennemis étrangers ne pourroient faillir de recevoir perte & honte pourl’argent par eux vainement dcpendu asin d’acherer la France de la maindes Ligueurs. Combien que ses forces fussent éparses en divers endroits,si en avoit-il assez encore près de Sa Majesté , pour étonner ses ennemis,étant assisté du renfort d’Allemagne , d’Angleterre, & de Hollande qui luisurvint tôt après. Il résolut donc de tirer en Normandie , Sc attaquerRouen, asin que les conseils de ses ennemis se découvrant de plus en plus,il avisât aussi de sa part à ce qu’il auroit à faire pour savenir. Cette entre-prise peu secrette ébranla incontinent les Ligueurs , qui soudain envoie-rent donner l’aliarme au Duc de-Parme, lequel faisoit de l’empêché àBruxelles pour négocier avec les Ambassadeurs de TEmpereur pour la paixès Pats-Bas. C’étoit un piège dressé aux Etats des Provinces-Unies , lequelils découvrirent incontinent, Le Duc aïant commandemens réitérés d’Es-pagne de vacquer, toutes autres affaires laissées en arriéré , à l’avancementdes desseins de l’Espagnol sur la France, commit le gouvernement du Païsr
Tome V, A *. »
1591.