DE LA LIGUE. a<s 9
cette ancienne coutume, si religieusement gardée par tant desiécles & la succession de tant de Rois, depuis Clovis jusqu aprésent, de ne reconnoître au Trône Rcïal aucun Prince quine sût Catholique , obéissant Fils de l’EgJiíc , fie qui n’eût pro-mis fie juré à son sacre, fie en recevant le Sceptre de la Couron-ne , d’y vivre fie mourir , de la défendre fie maintenir, fie d’ex-tirper les Hérésies de tout son pouvoir: premier serment de nosRois , fur lequel celui de l’obéiílancc fie fidélité de leurs Sujetsétoit fondé, Le fans lequel ils n’euílènt jamais reconnu , tantils étoient amateurs de notre Religion , le Prince oui té pré-tendent appelle parles Loix à la Couronne. Observation jugéesi sainte fie néceílaite , pour le bien fie salut du Roïaume , parles Etats Généraux assemblés à Blois, en l’annéc 1576, lorsqueles Catholiques n’étoient encore divisés en la défense de leurReligion, quelle sut tenue cntr’eux comme Loi principale fiefondamentale de l’Etat : fie ordonné avec l’autorité fie appro-bation du Roi, que deux de chacun ordre ícroient députésvers le Roi de Navarre fie Prince de Coudé , pour leur repré-senter de la part desdits Etats , le péril auquel ils se mettoient
Í mur être sortis de l’Eglise : les exhorter de s’y réconcilier, fieeur dénoncer, s’ils ne le faisoient, que venant leur ordre poursuccédera la Couronne, ils en seroient perpétuellement exclus,comme incapables. Et la Déclaration depuis faite à Rouen , enl’année r 588, confirmée en TAstémblée des derniers Etats te-nus au même lieu de Blois, que cette Coutume fie Loi ancien-ne leroit inviolablement gardée comme Loi fondamentale duRoïaume, n est qu'une simple approbation du jugement fur cedonné par les Etats précédcns , contre lesquels on ne peut pro-poser aucun juste soupçon, pour condamner ou retirer leursavis 6c autorité. Aussi le feu Roi la reçut pour Loi, fie en pro-mit fie jura Tobservation en TEglise, fie sur le précieux Corpsde notre Seigneur, comme firent tous les Députés des-Etats,en ladite Assemblée avec lui ; non feulement avant les inhu-mains massacres, qui l’ont rendu si infâme fie funeste, maisaussi depuis , lorsqu’il ne craignoit plus les morts, fie méprisentceux qui restoient, qu’il tenoit comme perdus fie désespérés detout salut : Taïant fait pour ce qu’il reconnoissoit y être tenufie obligé par devoir, comme tous les Souverains font à suivrefie garder les Loix, qui font comme Colonnes principales, ouplutôt bases de leur Etat. On ne pourroit donc justement blâ-mer les Catholiques unis, qui ont suivi TOrdonnance de TE-
1592.
DÉCLARÂT.1>U Duc DEMayenne.