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Avhrtissem.AU Roi.
340 MEMOIRES
les orages de vos ennemis se sont rompus, Le à la fin d’un porcassuré à ceux qui en avoient si longuement pourchassé le nau-frage. Chacun s’est émerveillé de voir en vos heureuses victoi-res que toutes les forces ont été battues, de votre ioiblefle ; tousles artifices, de votre modeste simplicité ; toutes les opiniâtretés ,de votre constance. Aujourd’hui les foiblesscs rompront-elles votreforce ? Cette candeur 6c cette fermeté ne font-cllcs plus ? Aurez-vous si-tôt perdu ce que vous avez gardé si longuement ? Vousnoierez-vous dans le havre de vos misères ? Le cœur vous défaut-il quand vous touchez terre ? Et l'haleine,fur le prix de la course?Les armes n’ont point vaincu un désarmé, ôc les désarmés effraie-ront vos armes ? Un Sujet n’a point ploie fous un Roi, 6c unRoi ploiera fous un Sujet ? La grandeur vous fera plus petit, 6cla petiteíle vous faifoit plus grand ? Votre valeur triomphoit n’a-guere des périls , Le les craintes imaginaires braveront mainte-nant votre valeur ? Chacun vous portera son orgueil au nez , Levous ne foulerez point aux pieds cet orgueil: vous vous rendrezà ceux que vous avez vaincus ? II n’y a point de raison , ni pourvous de le faire , ni pour moi de le penser; ou bien il faudradire que Podcur infectée de votre réputation empuantira ces dou-ces fleurs de lis, dont vous ferez aussi bien indigne que légiti-me poílesseur. Ainsi ceux qui vous prêchent ce changement,coníidercnt-ils pas qifils anéantissent votre gloire, Le qu’en vouschangeant ils vous perdent, 6c pour vous Sc pour eux-mêmes ?De quel front paroîtrez-vous à votre Peuple, dont les yeux netrouveront rien fur vous que vanité ? Si vous ouvrez la bouchepour leur demander loïauté , 11 e s’écrieront-ils pas soudain contrevotre perfidie ? Car , Sire, pouvez-vous devenir si promptementCatholique Romain , fans violer lâchement la foi Sc l’union quevous avez si íouvent jurées aux Reformés ? Eux qui vous ont servisi volontairement, si courageusement, si fidèlement, par tantd’années, par tant d’incommodités , par tant de pertes de biensSc de personnes, par tant d’angoifles & désolations, qui seulesimportuneront les vengeances du Ciel contre votre délo-ïauté?Vous doneques chef, abandonner vos pauvres membres ? fairedivorce avec ces fermes compagnes de vos malheurs ? Se peut-il fans un immortel opprobre ? Vous avez tant combattu poureux ; Sc voilà vous leur dénoncerez la guerre en un tour de main ?Quel honneur attendez-vous de ce cœur 6c de ce visage si-tôtpervertis à la vue de tout le monde ? Mais jaà Dieu ne plaise quemes propos soient même témoignage d’appréhension que j’enaie, dassuranceplutôt que vous prendrez plus de garde à vous