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Tome cinquième.
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348 MEMOIRES

-, ... que je tire à propos, de cette expérience ? Cuidez-vous qu’ils

1 593- se hasardent si-tôt à la merci de celui cpi’ils auront déjà par ce

Avîrtissim. changement inopiné , en réputation d’etre léger , 8c mal assuré

AuRo1, en ses promesses? Ou dans quel temps donc voulez-vous qu’ilsse rangent à cette obéiilance ? II faudra que ce Prosélyte pré-tendu se tienne quelques années à manger le Crucifix, qu’ilmontre par un long usage qu’il a changé de dévotion, avantqu’il salle changer celle des autres ; qu’il fonde quelques nou-veaux Ordres, qu’il salle quelques pèlerinages, qu’il s’écorcheles épaules d’un fouet de pénitencier à plusieurs fois, qu’il soitplus chargé de patenôtres que d’épées, qu’il baise l’or de la pan-toufle ; somme, qu’il n’oublic rien de ces preuves extérieures:pour fe faire croire tel intérieurement que vous le souhaitez.Aubout de cela, répondrez-vous bien de votre honneur & devotre vie, que ces chevaux échappés reprendront son frein, &c neregimberont plus contre lui ? Et íi vous ie pouvez , où étiez-vous ,quand le feu Roi en avoit tant de bcíoin ? Vous voudriez peut-être ôter excuse au Peuple ; c’eít-à-dire , vous croïez qu’il n’apoint de tort à tenir roide contre son Prince pour l’incompa-tibilité de leur Religion. O âmes tiedes & dangereuses en unEtat ! Non , non , votre opinion n’abbatra jamais l’opiniâtretéde ce Peuple. Il faudroit , au pis aller , avoir premìerement ca-pitulé avec eux, en tirer un serment solcmnel , en tenir debons otages, voire contraindre plutôt le Sujet en son devoir,que le Prince en sa liberté ; faire que le Peuple obéît à sonRoi, chose dûe à toute sorte de Puiílances légitimes par toutesforte de Nations, & puis nous débrouillerons ces Catholiques& ces Huguenots , fans force, fans preíle , fans conditions denécessité, qui font volontiers aussi injustes que violentes, parune sainte Lé amiable conférence des uns ôe des autres. Carentre les Rois Le les Sujets, ceux-là vont devant, à eux estplutôt dû qu’ils ne doivent, le commandement des Rois pré-cédé i’obéissmce des Sujets, & l’obéiíîance des Sujets la faveurdes Rois. Ou bien , quelle différence , quelle distin ction met-trons-nous au privilège de ces dignités établies de Dieu ? Enquelle Nation , en quel Etat a-t-on jamais vu que la diverse Re-ligion ait empêché , ou dégradé ía Roïauté ? N’eít-ce pas felon-nie ouverte d’aller à l’encontre ? J’attends quelqu’excmple pourl’apprendre. Et nous en pouvous fournir un bon nombre suffi-sant pour enseigner tout le contraire. Les premiers temps del’Egiiíe ont été fous les Empereurs Païens, auxquels 1c Fils deDieu même a commandé de rendre ce qui leur appartient.. E.e