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Tome cinquième.
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Mi MEMOIRES

1593. dra bien à l’autre. Les fautes de l’homme ont une longue traînée ;Avertissem. ffui commence, poursuit volontiers, Sc plus volontiers encoreau Roi. ' achevé. Pour entrer à la Couronne, vous vous ferez Catholi-que ; pour vous y maintenir , pourquoi non persécuteur ? Votrenaturelle douceur, fera soudain convertie en cruauté, ne fut-ceque pour contenter les débordées pallions de vos Conseillers or-dinaires. II ne faudra que vous faire palier une mouche d’occa-íìon devant les yeux , vous cuiderez bien faire, Sc voilà l’épécau vent, pour la conservation de votre autorité en apparence ,mais en effet pour la persécution. Vous vous endormirez en cesopinions, Sc ne songerez déformais que les fantaisies d’autrui.Ainsi votre misérable Etat, sécoué de ces contraires orages , feraenfin fracassé Sc donnera d u nez à terre. Les Ligueurs opiniâ-tres d'un côté , les Huguenots constans de 1 autre, les Catholi-ques incertains Sc branlans au milieu , voilà pas une belle har-monie d’Etat à trois parties ? Où courez-vous ? Tournez le frontaux Ligueurs, vous aurez les Huguenots à dos, Sc au contraire.Vous voilà entre la pierre Sc le marteau. Vos prédécesseurs ontvu ces flammes , Sc vous n’cn verrez que la fumée Sc les cen-dres : vos prédécesseurs ont laigné ce funeste corps jusqu’à lasyndereze , vous l’enterrerez. Je ne parle point par cœur , Sire.Les murmures passés recommencent à éclater Sc à bruire. Plu-sieurs le craignent, plusieurs l’attendent, plusieurs en font déjaétat. Si vous-même ne prévenez ces maux , Sc que mal vous enprenne , à qui vous en prendrez-vous qu’à vous-même ?N’aurcz-vous point pitié des longues langueurs de ce patient ? Faudra-t-ilque la postérité vous reproche fa désolation , Sc que votre tom-beau ne soit couvert que des mazures de ce superbe bâtiment?Par la concorde les moindres choses s’enflent, mais les plusgrandes s’écoulent par la discorde. Voulez-vous apprendre à vosSujets le chemin de se désunir , patr vous même ? Et serez-vouspas la feule cause de leur division cn cette sorte ? Mais divi-sion fans propos Sc fans raison quelconque. N’est-il pas plustolérabie aux Catholiques de vous voir persévérer en votre Re-ligion , qu’aux Huguenots de vous voir si précipité au change-ment ? Et le Catholique n’a-t-il point engravé dans lame ledevoir dont il est obligé à son Prince, de quelque Religion

3 u’il soit, auffi bien qu'il le désiré du Huguenot ? Quelle duretée loi y a-t-il pour les uns , Sc non pas pour les autres ? II y afans doute plus de sujet au Catholique de vous recevoir tel qu’il¥0us trouve, qu’àl’Huguenot de vous perdre tel que vous avez

toujours