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Tome cinquième.
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DE LA LIGUE. 3 s 7

Roi qui en a toujours été le plus certain ennemi (i) & le pro- TpojT™posent avec tant de finesse , que les aveugles peuvent voir qu’ils l[TT ^ pBn’ont autre but que de perpétuer nos misères, n’épargnant pour Députés, a \-xcet effet ni paroles, ni argent, ni promesses qu’ils savent bien PKlKci - S > sec.ne pouvoir être contraints d’observer , pour nous tenir toujoursdésunis Sc nourrir Tinimitié Sc la zizanie qu’ils ont semée par-mi nous. Ils font état, que fur la délibération de nommer ce-lui qui devra épouser Madame l'Infante, ils feront aisémentcouler une couple d’annécs. Et n’estiment pas, attendu la né-cessité en la laquelle ils croient nous avoir réduits , que le corpsde cet Etat puiíîè subsister si longuement.

Messieurs, nous sommes contraints d’user de ce langage en-vers vous, non pour estimer que vous n’y voïcz aussi clair Lcplus clair que nous , mais pour ce que nous désirons que vousSc un chacun sache quelle est en cela notre opinion , sur quoine pouvons prendre autre résolution que de nous affermir «S Croidir de plus en plus à nous opposer aux mauvais Sc perni-cieux desseins des ennemis communs de cet Etat. Ce n est pasque nous ne cherchions par tous moïens possibles aux hommesqui ont Dieu , l’honneur Sc la charité dc leur Patrie devant leursyeux, de nous réconcilier Sc réunir avec vous. Nous estimonsque le but où doivent tendre les gens de bien, est de pouvoirvivre en repos avec dignité. Ce mot de repos comprend l’unSc Pautre, consistant en ce qui concerne la conservation de no-tre Religion , de nos honneurs , vies Sc biens. Si cette guerrene se fait pour autre occasion, nous ne voïons pas chose quidoive empêcher que nous ne vivions les uns avec les autres enpaix , concorde & toute amitié. C’est le désir commun de tous lesgens de bien qui servent S. M. Ils ne prétendent aucun droit furvos biens. Ils estiment que le mal qui vous advient est le leur pro-pre , Sc s’assurent tant de vos bontés, que vous n'estimez pas queleur mal soit votre bien. Ils désirent votre conservation, voustenans pour membres très honorables Sc très utiles au corps dc

(1) On vouloir que Philippe donnât leRoïaume de Fiance à celui quir épouscroitl’Infante, Sc, on ignoroir fur qui ce choixdevoir tomber. Charles de Savoye , Duc deNemours , jeune Prince emporté par uneambition démesurée , dit M. de Thon, L,106 , avoir envoïé le Baron de Thénissay àParis, pour conférer de l’aíFaire de l’Elec-tìon avec le Duc de Mayenne son frere uté-rin. 11 lui avoir sait offrir ses services pour

lui procurer les suffrages des Députés desProvinces ; mais en même il lui avoir de-mandé que s'il croïoif que les Espagnols neconsentissent point à son Election , il l’aì-dât à son tour ( lui Duc de Nemours ) à ob-tenir une place qu’il ne pouvoir occuperlui-même. On peut voir Je récit de toutesces brigues, & autres, quiavoient le mêmebut, dans le Livre cité de M. de Thon.