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excuses ? Qffaussi bien telle conversion étoit impossible. Blas-phème insupportable : 8c que sans le Pape rien ne se pouvoit8c devoit entreprendre. Je ne m’amuse point à rejetter la pre-mière excuse, car elle ressent non-seulement son Hérésie , maisson Athéisme , attendu que qui ôte la toute-puissance , il ôtela divinité. Donc , qui dit que Dieu ne pouvoit convertir lecœur du Roi , celui-là ne doit point tant être jugé Hérétiquecomme Athéiste. Quant à l’autre point , je ne sache jamaisavoir lu que pour instruire un Dévoie , il fallût néceflairementavoir le congé du Pape. Ce sont néanmoins leurs excuses per-tinentes , forgées , non à autre intention que pour couvrir, lemieux qu’ils pourront, la malice 8c opiniâtreté de quelques-uns.Quant à nous , librement nous consolions avoir eu autre pen-sement , 8c cru que sans offenser Dieu , nous pouvions8c devions offrir si peu d’industrie qui est en nous , à celui ,qui nous en requeroit pour une si bonne 8c si louable action.Nous avions lu 8c remarqué ce qui est écrit en Daniel, Cha-pitre douzième : Qui ad jujlitiam erudiunt multos , erunt quasiJlellce iti multas ceternitates : que ceux qui enseigneront lesautres à bien vivre, ils reluiront au ciel comme étoiles à jamais.
Ce bien considéré, avec plusieurs autres choses, 8c spécia-lement le dû de notre Charge , nous fûmes induits à quitterla Cité à laquelle nous étions inutiles , 8c nous transporter icipour mettre la Religion en sûreté, 8c la France en repos. Ce
? ui nous a jusqu'a présent troublé en ce Roïaumc ; 8c qui aait ondoïer le sang parmi les Campagnes, n’a été que la di-versité des opinions , 8c toujours ai publiquement annoncéque c’étoit chose très difficile, afin que je ne dise impossi-ble, que les cœurs des François fuílènt unis ensemble , tantqu’ils seroient divisés de la Religion. Le seul remede doncétoit de procurer les moïens d’une si sainte 8c louable union,qui sembloit devoir prendre sa source du Chef de la France ;la réunion duquel, à l'Eglise Catholique , pouvoit apportertel contentement que chacun desiroit ; car on sait bien , quetout ainsi comme du chef du corps humain , sourdent 8c sedérivent les nerfs, instrumens du sentiment 8í mouvement, 8cpar iceux influe l’esprit animal en toutes les parties du corps,fans lequel il ne pourroit exercer aucune fonction naturelle ;de même aussi nous voïons arriver d’ordinaire , que par ému-lation 8c influence du désir de complaire à ceux qui comman-dent , les Sujets s’impriment fort aisément les mœurs 8c hu-
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ErÌTRE DE M.deMorenne.