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Tome cinquième.
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MEMOIRES

j I tînlïènt courageusement les bons enseignemens qui Ieuravoient^ été proposés. Cet étrange abrutistement m’apprit que Je justeDtMoRtNNE." Jugement de Dieu avoir crevé les yeux à nos Parisiens , & queleur sauveté dépendoit d’un espoir frêle 8c évanouissant.Qu’eussai-je fait emmi telle combustion 8c volontaire ruine deCitoïens séditieux ? Je n’ai pas voulu plus longuement fairela guerre à Dieu , j’ai estimé qu’il falloit faire largue aux Ju-gemens d’icelui, caler la voile à ces bourasques du temps, 8cse réserver à saison plus gracieuse 8c fructueuse au Public.

Or, comme j’étois en ces perpléxités, à diverses fois je re-çus deux Lettres du Roi, qui me déclaroit fa résolution êtred’embrasser la Religion Catholique , m’enjoignant de me trou-ver au jour qu’il affigneroit aux autres 8c à moi pour cet esse t;alors toute ma difficulté fut ôtée , 8c délibérai d’aller où j’é-tois appellé : de là naquirent ces fréquentes plaintes que vousdites, 8c les discours divers , fur mon départ. Je savois bienqu’il en adviendroit ainsi; mais je préférois le salut des âmes,8c futilité publique , aux bruits légers que semoient les en-vieux. Cette pensée me vint au-devant, que c’étoit peine per-due de prêcher vous autres de Paris, poureequ’aviez des oreil-les, 8c ne vouliez entendre, des yeux, 8c refusiez de discernerles choses. Votre fureur ressembloit celle du Serpent, nom-mément de l’Aspic, bouchant l’oreille encontrc le chant dusage Enchanteur. Vous ne. pouviez porter la faine Doctrine,mais selon vos désirs , & ayant les oreilles chatouilleuses , as-sembliez plusieurs Docteurs : vous fermiez l’oreille à la vérité , 8cl’ouvriez pour ouir des Fables. Qu’eustai-je fait de telles gens ?Qui veut instruire le fol, il ressemble à celui qui veut radou-ber un pot de terre tout brisé, ce dit le Sage ; 8c qui parle àun sourd , fait comme qui poulie l’homme accablé de som-meil. Parlez de sageíle à un étourdi, 8c devisez avec un dor-mant , c’est tout un. Pour ces raisons j’ai quitté Paris, &í mefuis tourné vers ceux qui recevroient plus bénignement mesavis 8c exhortations ; entr’autres , je regarde le Roi , qui dèslongtemps penfoit à abjurer fa Religion , 8c embrasser à bonescient la nôtre. Devois-je refuser de servir à une telle oeuvre ,y étant poussé par 3c commandement Evangélique , par mavocation, 8c par le salut de tout le Roïaume ? Non : partantai très volontiers obéi au commandement de mon Prince,estimant que je ferois chose très agréable à Dieu 8c aux hom-mes. Or, vous me supporterez, si je vous expose plus claire-ment