DE LA,LIGUE, 4 z 7
veîsaircs. Par continuation de bien faire, souvent nous par-venons à ce point, que presque tous hommes fe conformentaux mœurs & façons de faire d’un seul. La vie du Prince est unecensure perpétuelle, qui nous sert de règle, d’adreffc, de cer-cle, tellement que i’assèction de lui obéir & de l’cnsuivre a plusd’efficace , que la crainte, ni que les supplices ordonnés par lesLoix. Ni plus ni moins qu’ès corps , ainíi en la Monarchie cequi découle du Chef prod-uit dc merveilleux effets :& est plusaisé à nature d’extravaguer, que de voir un Prince & son Étatdissemblables.
Si vous considérez ces choses attentivement &c d’un espritnon passionné , vous connoîtrez incontinent, de combien gran-de conséquence étoit la conversion d’un si grand Roi , chacunde nous espérant que s’il fe joignoit à nous en unité de foi,son exemple en réduiroit un grand nombre d’autres. Pourtant,nul ne pouvoit tirer l’épaule arriéré de cette charge, fans pé-ché contre l’Etat, trahison au regard de l’Eglife. C’est cequi m’a retiré quelque peu loin de vous en corps, non pas enesprit : de peur que si j’étois tardif en si louable affaire , monnom fût flétri de perpétuel déshonneur, comme aïant peu penséà l’avancement de notre Religion , Sc au soulagement de laFrance. Pour ces causes je fuis ici accouru , remerciant Dieude ce que je n’ai été frustré de mon espérance, & que mondépart a été suivi d’une heureuse issue en l’affaire encommencée.Car, maintenant la Religion Catholique florit en la Cour ,avec assurance qu’aïant recouvré fa pristine dignité , elle épan-dra fes rameaux par toutes les Provinces du Roïaume.
Je fais que vous autres trouvez étrange au fait de la conver-sion du Roi, que l’on fe soit hâté. Je voudrois avoir permissionde publier les choses épluchées en l’Assemblée dc tant de doctesPersonnages : je m’assure que les aïant lues, vous approuve-riez incontinent notre délibération. Mais il faut attendre l’heu-re qui découvrera tout à temps ce qui est le plus caché. Toucce que nous avons fait est fu de chacun , encore qu’au progrèsdc nos procédures, beaucoup de circonstances soient paflees,qui doivent autant soigneusement être tenues fecrettes, que laconnoistance en est ardemment désirée de plusieurs. Nous de-vons ressembler aux armoires, lesquelles tiennent enclos despapiers d’importance , afin que si quclquesfois ceux qui ont au-torité de le faire, demandent avis fur certaines difficultés, alorsnous parlions : quant au reste, nous fassions semblant, selon
H h h ij
M93-
Ep. ; r t dp. I.BtMQi.j.iWf,.