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Tome cinquième.
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sont de la mttablc nature d’icelui, 8e que la fortune ne donneaucun avantage qu’elle ne puiíle ôter. Mais je porte des chouet-tes à Athènes ; il semble que jc veuille discourir des personnesque vous connoiíïèz mieux que moi, qui n'en parle que par oui-dire , & selon la commune renommée, suivant laquelle ils n’ontrien tant à craindre qu’une bonne 8c bresve julíice , 8c tellequ'ils ont ci-devant fait à ceux qui ont été prévus d’avoir voulucauser la perte 8c. division de votre Ville.

Voilà j Messieurs, les fruits de nos guerres civiles 8c de nosdivisions. Vous avez tâché d’apporter remede par vos premièresbarricades à un très grand mal, 8c vous avez été contraints , ences dernieres de rejetter vos Médecins, pareequ’ils vous ordon-n oie n t de trop fréquentes saignées , qui avoient tant affoiblivotre corps , que si vous eussiez plus gueres tardé à y remédier,il étoit du tout abbattu 8c perdu. Vous aviez en quelques-unsde vos principaux membres , une gangrène qui petit-à-petit s’al-loit emparant de vos plus nobles parties , & euílènt rendu, 8c lefer 8c le feu , inutiles remedes à votre mal. Mais prenez garde àvous, la persévérance est: le chemin en la perfection. La fïn cou-ronne l’oeuvre.

Vous avez besoin d’un très bon 8c sidele conseil , 8c de lesuivre ; car vous n’avez pas entrepris une petite besogne. Gar-dez-vous bien de vous démarcher 8c chanter une palinodie.Vous ébranleriez fort votre bonne fortune ; vous avez eu trèsjuste occasion de faire ce que vous avez fait, en ce cas vous de-vez poursuivre avec une grande prudence 8c vigilance : ou bienvous avez trop légèrement cru aux soupçons. Et en ce cas vousavez plus de besoin de prévenance ou de prudence en votre con-duite ; quoi qu’il en soit, quand vous n’auriez eu qu'u n justesoupçon , il vous garantira toujours envers toutes les Nationsdu monde , puifqu’il est pour-la liberté , pour l’honneur de vosfemmes, de vos tilles, pour le salut de vos biens ; 8c avec toutcela, pour ne vouslaisier démembrer du corps de cet Etat 8cCouronne , auquel le droit ^divin 8c humain , de nature 8c desgens , 8c civil, vous a unis 8c conjoints : car en l’extrêmité de cesmaux , l’appréhension 8c l’imagination font le cas.

Je fuis d’accord avec vous que la venue de Monseigneur vo-tre Archevêque , est un effet de la providence de Dieu ; car il nepouvoit être parmi vous plus à propos ; c’est un des plus aíîurésLc expérimentés Pilotes , qui se sont emploies an gouvernementdc ce navire François. II a des dons de nature qui ne font com-

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