n s MEMOIRES
' 1C53." - comme l’Etat, ou la Couronne d’un Roi, c’est chose absurde,Sc qui nc se peut soutenir ; Sc eût été plus tolérable de dire
MeniiJéI RE Lieutenant en i’Etat Sc Couronne de France, que Lieutenantde l’Etat. Mais c’est peu de chose de faillir à parler , au prixde faillir à faire. Quand vous fûtes affublé de cette belle qua-lité , vous curâtes fi rudement nos bourses, qu'eutes moïen demettre fus une grostè armée , avec laquelle vous promettiezpoursuivre , assiéger, prendre, Sc ammener prisonnier le nou-veau succédé u r à la Couronne , qui ne se disoit pas Lieutenant,mais Roi tout-à-fait. Vous nous aviez déja fait garder nos pla-ces , &: louer des boutiques en la rue Saint Antoine , pour levoir pastèr enchaîné , quand l’ammeneriez de Dieppe prison-nier. Quefîtes-vous de cette grande armée, grostè de tons vossecours étrangers d’Italie, d’E spagne Sc d’Allemagne , sinonfaire connoître votre foibleífe imprudente , Sc mauvaise con-duite? n’aïant osé avec trente mille hommes en attaquer cinqou six mille, qui vous firent tête à Arques, Sc enfin vous con-traignirent lever le cul honteusement, Sc chercher vous-mêmessûreté au de-là de la rivière de Somme ? Nous fûmes bien éba-his , quand au lieu de voir ce nouveau Roi à la Bastille , nousle vîmes dedans nos Fauxbourgs, avec son armée , comme unfoudre de guerre, qui devança nos pensées Sc les vôtres. Maisvous vîntes à notre secours, lorsqu’étions assurés qu’il ne nousferoit plus de mal. Et faut confesser que fans la résistance quelui fit, à la porte de Buísi , un qui lui est aujourd’hui serviteur, ilnous eût pris avant que fussiez arrivé. Depuis ce temps-là, vous nefîtes rien mémorable en votre Licutcnance, que Rétablissementde votre Conseil des Quarante (i) Sc des Seize , que vous avezdepuis révoqué , Sc dissipé tant qu’avez pu. Et cependant quevous vous amusiez à faire l’érat de votre maison, Sc que laissieztremper en prison votre Roi imaginaire, sans le secourir , nid’argent, ni de moïens , pour entretenir son Etat Roïal, leRoi de Navarre se mit en poste (sion du Dunois, du Vendô-mois, du Maine , du Perche , Sc de la meilleure partie de Nor-mandie , tant qu’à la fin, après qu’il eut, en conquérant, fait laronde du tiers de son Roïaume , vous futés contraint, moitiéde honte, moitié de désespoir, Sc par l’importunité qu’on vous
(i) Ce Conseil des Quarante éroir com- On y admit depuis les Présidens du Parle.poCe d’Ecclésiastiques , de Nobles, de Gens ment Sc les Gens du Roi. Voter M. de Ne-de Justice, & de Bourgeois. Depuis on y vers en son Traité de la prise des Armes ,en ajouta quatorze, où le Président Jean. pag. zjz Sc lyj.ain , Yilleroy 1e Pere Sc ie fils furent mis.