C MEMOIRES
, rendoicnt Conseillers 8c Solliciteurs ; ce qui nous faifoit tou-jours avoir meilleure opinion de leur intention ; & de fait nous>u r Roi. RAT ' pteflames notredit Couíìn de partir. Ce qu'il voulut bien faire,tout indisposé qu’il fût ; préférant en cela le service de Dieu,8c le bien de cet Etat, qu’il estimoit dépendre de ce voïage,aux incommodités de ía santé, péril 8c longueur de chemin,8c s’achcmina en la meilleure diligence qu’il lui fut possible.Eux, au contraire, avec nouvelles excuses, gagnoient toujoursle temps , fans faire partir leurs Députés. Pendant ladite Trevenous avons été soigneux de savoir fait exactement observer ,as n que nul accident de contravention ne pût gâter 8Cdivertir une fi bonne affaire. De leur part, tout autrement,ils fe font toujours licenciés , 8c en plusieurs lieux vécu du-rant ladite Treve, comme ils faisoient pendant la Guerre. Atout cela, nous avons connivé, ou pour le moins ne savons
f ias fait réparer, comme il eût été bien raisonnable ; pour fures disputes des circonstances , ne rompre pas fur le fait prin-cipal. Nous fûmes bien avertis que lors de ladite Treve , tousles Chefs de ladite Ligue fe firent un serment réciproque lesuns aux autres , en la présence du Cardinal de Plaisance 8c desMinistres d’Espagne, qui est par écrit, 8c signé de leurs mains ,qu’ils ne traiteroient jamais aucune Paix ou Accord avec nous;en plusieurs de leurs Lettres écrites à Rome 8c en Espagne ,ils ont protesté le même 8c encore pis. Ce que la repré-sentation que leur aurions fait faire d’aucunes desdites Let-tres 8c même d’une , où ladite promestè étoit transcri-te , les auroit contraints d’avouer. Et néanmoins après quel-ques excuses qu’ils en auroient faites , pour nous faire enten-dre que ce leur avoit été un remede nécessaire aux accidcnsprésens , dont ils étoient prestes , aïant toutesfois autre inten-tion ; le premier terme de ladite Treve étant prêt à expirer,ils nous firent rechercher d’en accorder une prolongation dedeux mois , avec protestations confirmées par sermens 8c par lé-gations particulières , que ce n’étoit que pour attendre la ré-ponse de Sa Sainteté , 8c avoir loisir de conclurre la Paix ; com-me ils asturoient de la vouloir résoudre dans la fin du présentmois ; nous conjurant au nom du bien 8c repos public, dene leur dénier point ladite prolongation,laquelle bien qu’elle nousfût suspecte 8c désavantageuse, toutesfois nous voulûmes bienleur accorder, pour justifier à tous nos Sujets, que tout notra