DE LA LIGUE.
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on voie un consentement grand Sc universel de tous les gens ^94.de bien, tant de ceux qui font sortis de cette Ville pendant Plah.oïerles guerres , que de ceux qui y font demeurés , Sc qui d’une si d e m. in-valide ardeur &L d’un si grand courage, ont ouvert les Portesde la Capitale à leur Roi. JVos enim omnes eadem me tuere ,eadtm cupere , eadem odijse nunc oportet. On vit, dis-je, une sigrande affection de toutes les âmes vraiment Françoises , vrai-ment désireuses de la grandeur Sc augmentation de cette Cou-ronne, qui déja d’une espérance sondée sur une assurance in-faillible de votre justice Sc de votre dévotion au service de S.
M. chassnttous ces tueurs de Rois, ces Confesieurs Sc Expor-tateurs de tels parricides : les chassnt, dis-je, hors de la Fran-ce, Sc tout ce qui obéit aux fleurs de lis , ennemies jurées detels monstres , qui leur ont arraché Pun de ses plus chers en-fla n s , Sc se sont vues à la veille d’entendre de pareilles nouvel-les du Roi régnant, par eux ja meurtri d’aide , de conseil Sc dedésir brûlant. Et ce jour-là de renverser du tout par terre Sc. briseren mille pieces la colomne fur laquelle ce sceptre est appuie ,qu’ils ébranlent il y a si long-temps. Qu’ils ébranlent, dis je, àla vue de tous les gens d’entendement, qui Pont prédit en cegrand Oracle de la France, non point à huis clos, mais lesportes toutes ouvertes , Sc avec une affluence de Peuple , sem-blable à celle qui est dans cette grande Salle, désirant d'en-trer céans. Qui Pont, dis-je , prédit, non point ambigûmentSc en gros, mais clairement Sc avec toutes les circonstances quenous avons vues , annonçant toutes les miseres que nous avonssenties, Sc les calamités qui nous ont mis à deux doigts près denotre ruine ; mais leurs prévenances , leurs avertistemens , leursprotestations ont été auísi inutiles que véritables , vraies Cas-landres,
Ora j Dei juíTu, non unquam crédita Teucris.
Pourquoi cela? d'où est venu une si grande léthargie , Sc qu’onn’a point remédié à des maux si bien prévus ? La cause en estbien claire : l’or d’Espagne s’étoit coulé dans les bourses desplus favorisés, qui ont continuellement soutenu Sc élevé cestrompettes de guerre, ces flambeaux de sédition, ces ventsturbulens , qui n’ont autre travail, que d’orager Sc tempêtercontinuellement le calme de la France.
Tome VI.
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