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— d’en recevoir un nouveau, qui venoit de l’invention d’un Ef-1594- pagnoi , ëc ressentoit son auteur. Ils craignoicnt de prendrePLAinoYfR des épines avec des roses, & d’introduirc avec fa Religion desdiM.Doìiì. irjœurs étrangères , qui nous font fatalement dangereuses.i Car ainfi que les Poètes ont dit que le bonheur des Phéaciens
finit auffi-tôt que les Etrangers y furent entrés : auííi avons-nous éprouvé que ce mélange nous est nuisible , Le que l’inhof-pitalité nous feroit plus utile que notre facilité naturelle. II estvrai que les François aiment la nouveauté , mais c’est en touteautre chose qu’en la Religion , qui n’a rien de muable , & nes’édifie point par la variété de nouvelles cérémonies. On dic;• - qu'il y a une forte de chêne qui fe nomme œjeulus , qui a les ra-
cines aussi longues que les branches ,
-Quœ quantum vertice ad auras
jî,thereas, tantum radiée ad Tartara tendit.
La vraie Religion lui reflembîe , elle doit avoir autant ou plusde solide fondement, que d’apparencc extérieure. Le meilleurOrdre de tous les Religieux , est le plus ancien : pareeque c’estle plus simple. Les premiers Anachorètes vivoient en cette sim-plicité ; mais depuis qu’ils commcncerent à regarder derrièreeux, à retourner fur leurs pas , éc que pour enseigner le Peuple ,ils íe remêlerent au monde , ils sentirent auísi-tôt la contagiondes vices , qui les sit mépriser. Cela fut cause d’instituer de nou-veaux Ordres de Moines , qui pour fe recommander, inven-tèrent de nouvelles cérémonies , nouvelles austérités , nouveauxhabits : ce qui vieillit peu-à-peu en l’efprit du vulgaire , qui n’ale jugement que dans les yeux. Les Jésuites font venus les der-niers , qui, pour avoir aussi la grâce du Peuple, ont surpassé tousles autres en nouveauté de doctrine , & excès de cérémonies :à cause de quoi les anciens Théologiens les jugèrent pernicieuxà l’Etat òc à la Religion , qui craint toute forte de changement,& , comme le cube des Géométriens , doit toujours avoir unemême face. Et pour cette même occasion les Romains ne re-çurent jamais chez eux la superstition des autres Nations , &cen bannirent toutes cérémonies inusitées. Quoties ( dit un Au-teur ) ho c patrum avorumejue œtate negotium efi Magijïratibusdatutn , ut sacra externa fieri vetarent : Jacrificulos , vates , foro ,circo , Urbeprohibèrent : omnem disciplinantsacrificandi , preeter-quam more Romano , abolerent. Judicabant enim prudcnûjji-