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P PISE D E
Beaune.
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MEMOIRES
grande & groíîe pluie qui tomba &í remplit toutes les tues d<*ruifleaux, ôe des éclairs 8c tonnerres qui furent ouïs , brandonsde feu qui tomberent du Ciel en plusieurs 8e divers endroits ,de forte que lui 8C tous ses gens , qui pour la beauté & tempé-rature du jour , avoient vêtus leurs beaux habits , pour solemni-íer leur entrée, ne purent gagner leur logis q u'ils ne fusent touspercés 8c trempés de la pluie 8c greíle qui tomba fur eux ; pré-sage très certain de la ruine qu’apporta lors le Duc de Mayen-ne à la Province,, ou bien de celle qu’il s’apportoit à lui même*ôe du foudre du Ciel invisible; mais trop plus efficacieux , quidevoir bientôt tomber fur fa tête. II n’eut séjourné deux ou troisjours à Dijon , qu’il se rendit à Beaune , car c’est là où il avoitl’œil : où arrivé , il manda les Maire 8c Echevins, fie princi-paux Habitans qu’il entretint de belles paroles Le spécieuses :signamment de la paix qu’il difoit chercher fie demander ; qu’ilétoit saoul Le las de guerre ; quand il voïoit facuiraíïe, qu’ilpensoit voir la mort Le l’enser , qu’il se vouloit de-là en avantretirer à Scure , s’il cn pouvoit traiter avec le Duc ci c Nemours*y faire ses jardins , fie envoïer ion fils vers le Roi pour n’en bou-ger. II promit par promesse écrite Le signée de fa main , Le parla foi de la sainte Ligue à ces Habitans , qu’il ne leur bailleroitgarnison , moïennant de grands présens qu’ils lui firent, tantde vins , bleds , que d’argent : laquelle promesse dura autantque sa qualité Le nature le portoit, à lavoir ,, quelques cinq 011six jours : car trois jours après la Saint Martin , il envoïa deDijon , où il étoit retourné , garnison en cette Ville de Beau-ne de trois cens hommes de pied , Le à sinisant il y vint, fitreconnoître Le visiter la Ville par les Capitaines Camille LeCarie, ses ingénieux, qui la jugèrent bonne fie forte , bien flan-quée Le remparée , Se qui pourroit être pour son assiette rendueimprenable ; sur quoi iî fit abbattre les beaux Le grands Faux-bourgs qui y fouloient être , à savoir les Fauxbourgs de SaintJean , avec i’Eglise de Saint Jean , les Fauxbourgs de la Mag-deleine , avec l’Eglise de la Magdeleine, les Fauxbourgs de Per-perct, les Fauxbourgs de la Bertonniere, partie de celui de SaintMartin, avec l’Eglise de Saint Martin , celui de Saint Nico-las , qui porta perte Le dommage aux Habitans de plus decinquante mille écus ; car par cette ruine, il démolit plus dedeux mille Maisons , belles fie bien bâties où les Habitans pre-noient leurs commodités, pour leurs Vignes Se hébergementde leurs bleds. II fit commencer encore de grands éperons èí