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Tome sixième.
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D E L A L I G U E. 335

Icprocede d’un appétit, auquel l’hommc est poussé parla nature.Quel Témoignage plus clair peut-on délirer, sinon pour ceuxqui ont le jugement &c la raison naturelle d u tout éteinte? J’a-buferois de votre patience , si plus long-tcmps je m’étcndois furcc sujet. Pour confirmer son dire , il dit, qu’entre les Juifs , lesPaillardes étoient reçues impunément ; sc sert de l’cxcmple dcJ u d a , qui eut affaire avec Thamar, sa Bru, déguisée en Pu-tain. Genes. zy. Mais de ce lieu nous tirons lc contraire. A lavérité il appert bien qu’il y avoit des Putains, ne s’eníbit pastoutesfois qu’elles fussent tolérées, en ce premierement queJuda aïant envoie un bouc pour retirer les gages qu’il avoitbaillés à Thamar , & vosant qu’elle s’étoit absentée , qu’elle lesgarde , dit-il, Lc n’en saisons aucune autre poursuite , de peurque ne nous rendions ridicules Lc en mépris. Et par après aïantJuda connu que Thamar étoit enceinte, il commanda que pourpeine elle fût brûlée, dont l’on tire deux conséquences : la pre-mière , que c’étoit chose honteuse entr’cux , voire avant la Loi ;que la paillardise est sujette à reproche , même aux hommes.La seconde , que la peine de la paillardise étoit le feu. Quantû l’cxcmple qu’il allègue de Salomon, dont il veut conclure,que n’aïant condamné les Paillardes , ains simplement connude leurs différends , qu’elles étoient tolérées , il est à propos,d’autant que l’Ecriture , 3. Reg. 3. ne dit pas, que ce fuffentPutains ou Paillardes, ains use du mot 7 onach , qui signifie ence lieu-là , non mzretrïces , sed cauponas. C’étoient des femmesqui faisoient profession de vendre des vivres indifféremment àtoutes fortes de gens, dont les maris étoient pour lors absens.Et telle est l’interprétation du Paraphraste. II me seroit fortfacile de confirmer ce point par l’autorité de plusieurs, qu’iln’est besoin de représenter, à vous qui avez une parfaite con-noiffànce de l’antiquité , Lc des choses plus cachées. II ajou-te que Jésus - Christ ne condamna pas la Paillarde à mort.A quoi Ja réponse est facile .-premierement, il est certain quetelles fortes de gens , dont la hantise Lc fréquentation est pé-rilleuse , étoit tolérée pour lors, non pour aucune licence ac-cordée par la Loi, mais par la corruption du temps Lc conni-vence des Pharisiens. En second lieu, qui ne sait combien queJesus-Christ fût fils de Dieu Lc Roi de tout le monde , toutes-fois il ne vouloit entreprendre fur ce qui étoit de la jurifdic-tion ordinaire. Mais c’est mal-à- propos que tel exemple est:mis en avant, vu qu’il n’est question d’une simple paillardise,

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