1596-
Edit duRoi.
34S MEMOIRES
les hommes font témoins aulsi, si depuis qu’il lui a píu nous ap^peller à cette Couronne , nous avons eu autre plus grand foinôí désir que de nous acquitter de ce devoir. Car aïant trouvéce Roïaume rempli de partialités, guerres ôc divisions plusgrandes & périlleuses qu’il n’avoit été auparavant, nous n’a-vons non plus épargné notre propre simg pour défendre no-tre autorité , que notre clémence pour oublier & remettre lesoiseuses qui nous étoient faites, afin de délivrer tant plutôt no-tredit Roïaume des oppressions de la guerre civile , vraie sourceêc rnere de tous maux. En quoi nous reconnoiflôns n’avoir étémoins assistés de la grâce ôc bénédiction de Dieu , en Funequ’en l’autre voie. Car s’il nous a souvent donné des victoiresfur ceux qui combattoient contre nous , il nous a encore plussouvent accru la volonté ÔC donné les moïens de vaincre pardouceur ceux qui s’en font rendus dignes. De forte que nouspouvons dire n’avoir gueres moins avancé la réunion de nosSujets fous notre obéissance , telle que nous la voïons achemi-née aujourd’hui parla grâce de Dieu, par notre clémence quepar nos armes. Et comme à ce faire nous avons été émus prin-cipalement de F amour extrême que nous portons à noíclits Su-jets , & de la compassion que nous avons de leurs calamités ôcmiferes, plus que de notre intérêt ôc avantage particulier ;nous avons aussi eu grand égard aux causes qui ont excité ÔCconvié plusieurs d’iccux de s'armer, aïant été fondés fur le foinque chacun doit avoir du salut de son ame , que nous avonsjugé d’autant plus dignes de commisération Lc d excuse , quenous reconnoiflons ( comme vrai Chrétien ) n’y avoir rien quiait tant de puissance sur nous que cette obligation. C’est pour-quoi aïant souvent éprouvé par nous même, que la force en-durcit plutôt qu’elle ne change les courages des hommes, enfait de la Religion ; ôc que c’est une grâce qui est infuse ennous, non par notre jugement ni par celui d’autrui, mais paria feule bonté du Dieu vivant ôc Fopération de son Saint Esprit;si-tôt que nous avons eu quelque relâche de nos plus grandstravaux , par les avantages que Dieu nous a donnés fur nos ad-versaires , nous avons voulu approcher de nous des Prélats ôcDocteurs de bonne vie , Lc des mieux versés aux saintes Lettres,pour nous instruire en la vérité de la Religion Catholique.De laquelle, Dieu nous aïant fait la grâce de nous rendrecapable , avec ferme propos ôc résolution d’y persévérer jus-qu’au dernier soupir de notre vie , nous n’avons eu depuis plus