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Plaintes DESEolises RÉ-ï&rme'es.
430 MEMOIRES
témoins de notre fidélité , pour le premier article de leur mau-dite Ligue , avoient couché celui de notre anéantissement ,comme perdant espérance de voir le bout de leur dessein , tantque nous ferions fur pieds. Ces choses si claires , si connues dctous , nous faisoient dès le commencement esperer, ÔC ne fis-sions-nous, par maniéré de dire,que dormir. Que V. M. Sire ,ôc tout autant qu’il reste encore de bons François, penseroientplus que suffisamment à ne perdre point une partie de l’Etat , siutile, si nécessaire. Mais il est advenu, nous ne savons par quelmalheur , que depuis huit ans qu’il y a, que Dieu vous a appelleà la couronne, nous n’avons vu amandement quelconque, nien la mauvaise volonté de ceux qui font autre profession quenous , ni en la misère de notre condition ; ôc par ainsi ne noussommes que très peu , ou point du tout ressentis de votre bonneaffection , de laquelle nous nous étions tant promis. Et bienpis : nos adversaires tout ouvertement ont, sinon plus de ma-lice , au moins plus de moïen de nous nuire. Car nous étant sifranchement jettes entre les bras de Votre Majesté , ôc à causede cela ne nous promettant que tout bon traitement de ceuxqui avec nous se vantent d’êtrc vos serviteurs, nous avons ététant plus exposés à leurs desseins , que moins nous nous en don-nions de garde ; ôc semble même que l’affection qu’ils saventque nous portons au bien de vos affaires , les ait enhardis ; com-me assurés qu’ils étoient , que pour ne recommencer des nou-veaux troubles en temps si mal propre à cet état , qui d’ailleursne se trouve que trop près de famine, nous n’euísions osé fairesemblant de nous ressentir de leurs outrages. De forte que cetentre-deux de temps, que plusieurs veulent faire passer pour uneprofonde ôc très assurée paix , suffisante à nous contenter , siquelque chose pouvoir nous contenter ; ( ainsi parlent-ils ,voulant faire accroire que nous ne demandons qu’une apparenteoccasion de tout troubler ) ce temps , dis-je , nous est infini-ment plus préjudiciable que la guerre ouverte , en laquelle au-moins nous gardions-nous de ceux qui nous avoient ouverte-ment défiés ; en laquelle encore Dieu a tellement favorisé no-tre droit, que nous avions bon moïen de leur ôter , ou l’envie ,ou le pouvoir au moins de nous faire beaucoup de mal. Unegrande partie de ceux qui nous rudoient ainsi , ont pris les ar-mes contre l’Etat pour beaucoup moins, c’est-à-dire, seulementpour des peurs qu’ils se fantasioient contre toute apparence ;ôc nous nous tenons cois, bien que pressés du sentiment d’une