43 1
MEMOIRES
mettre son ame en perdition ; instruite encore sur ce sonde-" ' ment à faire jugement de cet esprit , qui du haut du pinacledfs Eousis crie, je te donnerai toutes ces choses si tu m’adores ) n’y aïantsúojìmús. donc autre changement, ôcl’affection vous demeurant au de-dans toute telle en notre endroit qu avoient mérité tant deservices ; Votre Majesté auroit tant plus de commodité de nousen faire sentir les effets : même selon les occasions ; ( car ilspalloient jusques-là, sachant que c’est le principal de nos vœux )venir à la réformation , tant nécessaire de l’Eglise. Mais aupartir de-là , qu'en est-iladvenu? Non-feulement, ils vous ontobligé de croire tout ce que nous trouvons de plus grossier enleur Religion , très pauvre démarche pour venir à la réforma-tion ; mais aussi on a fait faire à Votre Majesté un serment so-lemnel à son Sacre , renouvellé en prenant l’Ordre du Saint-Esprit ( qu’ils appellent) par lequel elle s’est obligée d'extermi-ner l’HérésieSc les Hérétiques , 3cde tels noms ont-ils accoutu-mé de nous qualifier ; quoique, contre vérité, s’en font servispour engendrer 8c fomenter ès feu Rois la haine qu’ils nousont portée , 3c si amplement témoignée par tant de guerre ; ceserment même ne fut jamais introduit qu’à notre feule considé-ration , 3c de vous , Sire , qui pour lors étiez embarqué en mê-me cause. Y a-t-ii point donc juste occasion de soupçonner quevous aïant fait continuer le ferment , par lequel ils obligeoientvos devanciers à notre ruine , ils aient intention d’y engagerVotre Majesté. II est en vous , Sire, de nous guérir de cettepeur. Nous le désirons , le demandons en toute humilité , 5cí’esperons aussi de votre humanité. Mais en cette attente , Jegrand nombre de maux qu’on nous fait, 3c dont on dissimulela connoistance le plus qu’on peut , pour avoir plus de couver-ture , plus d’ouverture à les continuer , nous contraignent à voussupplier de permettre , que nous fassions entendre les particu-larités de nos doléances 3t à Votre Majesté , 5c à tous vos Fran-çois ; asin que Votre Majesté connoiíîe à l’œil combien noussommes mal fous votre régné, puisque ceux qui dévoient l’eninformer , le lui déguisent ; 5c ceux qui restent encore en votreRoïaume de non passionnés , mais mal informés , voïant encombien de façons on nous inquiété, ne trouvent plus mauvaisque nous demandions si instamment la liberté générale de ser-vir Dieu selon nos consciences ; des Chambres de Justice , aux-queîles nous puissions nous fier de nos biens , de nos vies , denos honneurs ; des sûretés pour nous couvrir des violences don t
ces