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Ic Elire , comme nous savons qu’il le demande en fa parole. Et j " 1de cela cinquante ans passés leur ont rendu bon témoignage : ^ ' *
car on nous a des le commencement brûles, noies, pendus, 011 Dïs Ec5Llstsnous a depuis massicrés, 6c maíEicrés un à un , massicrés en re’fokme'esfoule. On nous a bannis du Roïaume par Edits; on nous a faitla guerre forte 6c cruelle , déja l’efpace de trente-cinq ans , oubien peu s’en faut, 8c par sept diverses fois. Tout cela n’a pu ,ni éteindre , ni même ralentir notre affection. Seroit-il pointmeshuy (ij temps , de fe lasser de tant de peine qui ne rapporteque blâme ? Si n’y a-t-il lieu en tout ce grand Roïaume où 11efe montre encore aujourd’hui un extrême dépit de ce peu deliberté que Dieu nous a conservée , une extrême envie de nousen priver. Auffi n’en jouissons-nous qu’ès lieux , où la faveurque Dieu nous a faite ès guerres passées, nous a donné le m oie n,comme on dit, de montrer les dents. Ailleurs voulons-nousprendre consolation en l’exercice de piété ? íl la nous faut cher-cher au plus loin ; d’Orléans à Jargeau , d Angers à Saumur,de Poitiers à Chastelleraud , de Chinon à l’Islc-Bouchard , deBourges, Nevers, 6c la Charité à Sancerc, de Bourdeaux à Caf-tillon , d’Agen à Clerac, de Périgueux à Bergerac , de Bazasà Cafteljaloux , de Beziers à Florenfac , de Toulouse à l’Ifle enJourdan , de Valence à Beaumont, de Romans à Château-double , de Forés , Lyonnois à Anonai en Vivarcs. C’est-à-dire , qui une , qui deux , qui quatre , qui sept, voire dix 8cdouze lieues. En route la Bourgogne il ne nous y reste rien de-puis la perte de Monfenis ; en toute la Provence , que Merimdolc 6c Lormarin ; en toute la Bretagne , que Vitrai ; en toutela Picardie rien , depuis la perte du Castelet. A Caen , Alen-çon , Dieppe, Sancere , bien que le plus grand nombre des Fla-bitans soit de la Religion , si n’oferoit-on prêcher que hors lesmurailles. Voiez à quoi il nous faut assujétir, si nous ne voulonsvivre du tout fans Religion , à la façon des bêtes. En ces voïa-ges, combien penfe-t-on qu’il y a d’incommodités , du chaud ,du froid , du vent, de la pluie ? Combien de hazard , fur-toutdes petits enfans qu’il faut porter si loin au Baptême, deíquelsqui doute qu’un grand nombre ne vienne à mourir ? Combiende dangers du côté de ceux qui ne fe plaisent qu’à massacrer ?
On a bien fu, bien vérifié par informations authentiques , oueceux de Vitry-le-François ont été souvent aguettés par les en-nemis de l’Etat qui font en la Franche-Comté , s’il y auroic
( 1 ) Meshuy, c'cst-à-dire , aujourd’hui, maintenant.
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