DE LA LIGUE. 445
rosis lions plaindre : il fait fa charge, fait son métier, c’est-à-dire,qu’on ne peut attendre d’un gui est notre ennemi juré , venuexprès pour nous nuire;témoin la publication du Concile deTrente, principal des articles de Ion pouvoir, pour l'empê-chement duquel la Cour n’a point aster de courage , ni leParlement assez d’autorité, aïantsur ce point à combattre tout-à-coup 6c le Pape animé 6c la Cour fans courage. Nous ne nousplaignons donc que contre cet Etranger, nous ne trouvons nulsupport, nous qui sommes François, vraiment François, quicontre cet Etranger, ligué avec les autres , avons courageuse-ment défendu la France. Nous nous plaignons de ce qu’il atant d’autorité , que de faire qu’on viole la foi qu’on ncusavoir promise; qu’on traite si indignement ceux qui attouchenrde si près à Sa Majesté, 6c auxquels on devroit faire porter toucrespect, si les François étoient tous aujourd’hui auíli affection-nés , 6c au Roi 6c à son Sang , qu’ils étoient autrefois. Cettefacilité à lui complaire, qu’on prend pour témoignage de lapeur qu’on a de lui déplaire, a pâlie bien plus outre. Car quidoute que ce ne soit la cause vraie de la sédition , qui dansla même Ville, Sa Majesté présente, s’émut deux jours aprèsNoël, contre ceux de la Religion ? Et qui ne sait combien cesgens ont de pouvoir fur un Peuple , par leurs impostures ? parleurs promesses de pardon plenier 6c général ? Et qui pourracroire que partout ailleurs on ne voie des séditions semblables,quand on connoîtraque la Cour dépend ainsi du Pape, qu’ellea tant de crainte de l’offenfer ? Mais que isoleront particulière-ment ces séditieux de Rouen enl’àbsence du Roi, puisqu’ils onttant méprise fa présence ?'En quelle sûreté sont les vies de cespauvres gens , qui font exposés à leur discrétion , quand il n’yaura plus des gardes du Roi, seul m oie n qui empêche cette sé-dition de finir par un massacre ? Et pour revenir au général ;certes ce n’est pas raison qu’on nous faste suivre la Cour, suivreles armées , qu’on nous faste servir le Roi aux dépens de nosconsciences. Ce n’est pas raison que nous nous hasardions à tantde morts , comme la guerre en présente, pour être privés detout m oie n de consolation , fans pouvoir , au moins aux der-niers soupirs, au moins en versant la derniere goutte de notresang , qu’autrement nous n’estimerions que bien emploïée pourle service de S. M. pour le soutien de l’Etat, au moins en ren-dant l’ame toujours pleine d’une affection naïve d’être touteFrançoise, fans, dis-je, pouvoir au moins lors avoir qui nousramentoive notre salut.
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