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Plaintesdes Eglisesre'eokme'es.
4+ <S MEMOIRES
Par cette même treve, il écoicr porté, qu’on nous bailleroicen chacun Baillage, une Ville de celles qu’on prendroit fur laLigue. Je crois qu’on nous en baille trois , mais chetives , 8tde petite ou nulle importance. De ce nombre étoit Argentanen Normandie St Janville en Beauce. Argentan nous a été ôtéepar deux Arrêts du Conseil privé , par lesquels étoit fait com-mandement au sieur Baron de Courtumer, à qui elle avoir étédonnée en garde , fur peine de dix mille écus, de la remettreentre les mains du Baron de Medavid , l’un de ceux qui se sontfaits le plus remarquer dans la Ligue , voire celui fur lequelelle avoir été prise. Et jamais , quelques plaintes qu’en aient sufaire les Eglises , quelque poursuite qu’en ait faite ledit sieur Ba-ron de Courtumer , durant plus de deux ans , on n’a pu obtenirqu’elle fût rendue. Janville a été depuis démantellée, pource ,peut-être, qu’on ne trouvoit autre meilleur prétexte ou moïende nous en déposséder. C’est bien loin de nous faire de nou-veaux biens , puisqu’on nous ôte ceux que le feu Roi nous avoirdonnés, cn reconnoiílance de notre fidélité. Et le malheur estencore , qu’on ne se tient point à ces deux ; qu’on nous essaiede nous affoiblir en toutes les autres que nous avons acquises,ou dès long-remps , ou en ces dernieres guerres , que la Liguenous avoir mis les armes en main pour notre juste St légitimedéfense. Car bien que par la même treve il fut porté que touteschoses nous demeureroient en l’état qu’elles se trouvoient lors ,jusqu’à un bon St général Edit de paix, moïennant lequel nouspulsions être en sûreté , si n’a-t-on rien laiíle derrière pour nousréduire aux termes de n’avoir plus moïen de maintenir notre li-berté dans les Places que nous tenons. Pourrions-nous rapporterà autre chose l’exact: retranchement qui a été fait de toutes nosGarnisons, voire à plusieurs reprises ? Ce seroit perdre beaucoupde temps d’en vouloir faire le dénombrement. Prenons-les tou-tes depuis la premiere jusqu’à la derniere; combien cn marque-ra-t-on où l’on ait laissé nombre suffisant pour les garder ? En-core ce qu’on y laiíîè ne peut être païé, St font les Soldatsquasi réduits à mourir de faim. Toutes nos Garnisons de Guyen-ne , n’ont reçu de Tannée 96, les unes que deux mois, lesautres St pour le plus que quatre ; cependant que celles de laLigue n’ont perdu un seul jour de ce qui leur étoit dû. Et n’est-ce pas par mocqucrie qu’on a baillé à la Garnison de Royan desassignations en Querci, c’est à-dire , à soixante ou 80 lieues de-là ? Mais combien de Garnisons encore a-t-on du tout cassées ?