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Tome sixième.
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Plaintesdes EglisesKe’eokme’es.

470 MEMOIRES

du au gibet dans Paris ; un Prélìdent Duranti cruellement maílà-cré 6c vilainement traîné par les rues de Toulouse. Qui eut ja-mais pensé qu’il y dût avoir des difficultés pour cette révoca-tion ? 6c que ces difficultés viníïcnt des Parlcmcns ? Elle portoitauíîî le rétablissement de l’Edit de l’an 77 , par lequel on pensoitnous bien obliger 6c récompenser plus que de raison nos services ;Edit toutesfois nullement propre au temps présent; Edit qui nousmet en pire état que celui où la guerre nous a laissés,qui nous flétriten mille fortes; Edit enfin que nous n’avons point requis,que nousrefusons constamment. Cet Edit donc,tel quel,comment l’ont-ilsreçu ? On le baille au Procureur du Roi à Paris , pour le présenterà la Cour , 6c en requérir la vérification. Ce Procureur 11’en peutêtre d’avis , fait des remontrances au Roi ( au moins s'en van-toit-il en fa harangue à la Cour) qu’entr’autres choses, c’étoicun point fort préjudiciable à l’Etat 6c à la Religion Catholique,Apostolique 8c Romaine, de nous déclarer capables de tous hon-neurs , états 6c dignités : enfin requiert à la Cour, que si tantest qu'o n arrête de le vérifier , il soit dit seulement : Oui loProcureur Général du Roi, 6c non pas à Pordinairc : Oui 8c cerequérant. De-là on vient aux opinions. Qui fa u roi t dire lesdifficultés , les raisons alléguées contre cet Edit ? L’un remon-tre qu’il leroit à craindre qu’on ne dît du Roi, Canis ad vo-mitum , 6c que fa conversion fût calomniée ; l'autre, qu’on n’a-voit accoutumé de vérifier tels Edits , que Iorfqu’on voioit unearmée de Reistres au cœur de la France ; un tiers, que cetEdit ne fut octroïé par le feu Roi, que póur une feuille de papierécrite ; mais qu’il s’étoit bien gardé pourtant de permettre auxHuguenots l’entrée des Etats , 6c que ceux-là étoient médians,qui aujourd’hui vouloient introduire une telle nouveauté; unquatrième , que cela reculeroit la bonne volonté du Pape , du-quel on avoit besoin ; un autre , qu’il falloit déprimer les Hu-guenots , afín qu’on connût qu’ils tiennent la mauvaise opi-nion. Somme, jamais chose ne fut tant baffouée. Toutesfoisl’autorité du Roi, la nécessité des affaires l’emporta finalement ;mais de combien ? de trois voix feulement en un si grand Corps.Le voilà donc enfin , 6c à toute peine, vérifié à Paris, encoreavec je ne fais quel retentum , Ailleurs quoi ? Rouen , Rennes,Aix , font encore à y penser. Le Parlement de Dijon en eut lecommandement de la propre bouche du Roi sur son Parlementpour aller à Lyon , 6c sin’en a rien voulu faire. Celui de Bour-sseaux a fait son possible de reculer: le Roi lui commande une