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Tome sixième.
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Plaintesdes Egliseske’torme’ís.

474 .MEMOIRES

Nos plaisttôs font longues : auffi est bien long notre malheur rnos maux font infinis. Plut à Dieu que ce que nous en avonsétalé, fût feulement la dixme de ce que nous souffrons. Si faut-ilachever. Achevons donc : &£ achevons par là, oh nous achevonsde vivre ; 6 c n’achevons point de sentir la rigueur de nos Ci-toïens : Citoïens, qui fâchés de notre vie , ne peuvent encoresouffrir ce qui devroit fouler la plus horrible rage , souffrir nostombeaux , nous souffrir dans nos tombeaux. La terre , dit-on ,est la mere commune de tous ; c’cst elle qui reçoit l’hommenaissant, qui le porte vivant, qui le ramasse dans ses entraillesmourant. Oïez tout le monde , à quoi en íont devenus nosFrançois. Ces François qui souloient se. vanter d’emporter lcprix a honnêteté , voiez comme tout au contraire ils semblentmaintenant débattre, àl’envi des Nations plus barbares, maisdes bêtes plus sauvages , la perfection de cruauté. Vraiment dé-naturés , qui en tant de laçons prennent plaisir à violer la natu-re ; qui ne souffrent point qu’cn France nous naissons libre-ment &c lans éprouver leur rigueur ; ne souffrent point que laFrance, notre Patrie, nous nourrisse paisiblement ; ne souffrentpoint que nous nourrissons ceux que nous avons engendrés, ar-rachant , fans compassion , aux meres leurs enfans, leurs entrail-les » chose qu’à peine fait-o n aux bêtes fans quelque regret,chose qui met souvent les bêtes même en rage ; maintenant& pour le comble , ne peuvent souffrir que la terre , mere com-mune, qui nous a, en dépit d'eux, reçus naiflans au moins enmisere sous leur tyrannie ; qui nous a , en dépit d’eux, nourris enmisère sous leur cruauté, nous reçoive en paix mourans, pournous cacher à leur tyrannie , à leur cruauté. Si d’avanture ellenous a reçus, les voilà en furie, en rage, nous fouiller dans sonsein, nous arracher de ses entrailles. O Dieu, quel liecle ! qu’onait en France juré la guerre à tontes les parties d’humanité, àtoutes les affections de nature les plus affectionnées ! Maisoïcnsdonc les effets , en ces effets prenons les preuves de ces fureursdénaturées. Preuves, qui d’ellcs-mêmes émouveront à compas-sion de nos misères , oh il n’y aura du tout point d’humanité dereste au monde. Par les Edits précédens , il étoit ordonné , qu’onnous fourniroit des lieux particuliers, pour enterrer librement nosmorts. On le nous a refuse: on le nous refuse encore en infinislieux. Ceux de Bourdeaux en ont souvent importuné les Ma-gistrats , &c jamais m’ont su l'obtenir ; si bien qu’il leur a étéforce de se servir d’un fort petit lieu près les murs êe hors laVille, dont une Demoiselle leur a fait don. On l’arefusé tout