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Tome sixième.
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MEMOIRES

-que nos Citoiens en repaissent leurs yeux , en contentent leur

M 97- rage? Certes, ni l’un ni l’autre n’empêchcra , qu’en ces mêmesPlaintes 0 s , cn cette même chair, nous ne votons notre Rédempteur ,

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qui approche , Lc rendra selon fa justice opprcílìon à ceux quinous oppressent, Lc relâche à nous qui tommes oppressés, lorf-

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qu’il apparoîtra du Ciel avec les Anges de fa puissance. Pourfaire fin ( car combien nous faudroit-il de temps pour dignementdétester une telle barbarie ? ) Quel honneur sera-ce à notreFrance , quand cette rage s’cntendra ès Païs étrangers ? Com-bien qu’à dire vrai la France n’en peut mais. Elle produit en-core aujourd’hui des vrais François , comme jadis elle nous aproduits ; Sc voici pour fa décharge : que jamais ces excès ne s’yvirent, que depuis ces misérables guerres: c’est-à-dire , depuisque l’Efpagnol, déja demi-fauvage, pour fa longue hantise avecles Sauvages , a si avant mis le pied dans ce Roïaume , a tantcfpagnolifé nos Citoïens. Grand honneur pour nous , que nousne puissions être haïs que de ceux qui ontessacé de leur cœur ,cette belle blancheur de France , pour la teindre cn la sanglanterougeur d’Efpagne ! Grand honneur encore , que ceux-làn’aient pu fc métamorphoser ainsi , qu’en nous haïssant bruta-lement !

Voilà nos plaintes , ou pour mieux dire , une partie de nosplaintes. De cette partie , ceux qui savent qu’une haine conçueen dépit de la Religion , n’a ni rive ni fonds : que la rage dupeuple n’a ni loi ni raison : que l’impunité est une source inépui-sable de méchancetés , conjectureront suffisamment que c’estd u total de nos malheurs. Et les plus bouillans demanderont ,si nous sommes point stupides de nous tenir cois si long-temps :les plus retenus , & plus appréheníifs des misères de cet Etat,s’il est possible qu’il nous reste encore au bout de tout cela quel-que patience. Et nous répondrons , qu’on nous feroit torta’ap-peller stupidité , une profonde Lc incomparable affection aubien de l’Etat , lequel nous votons si insolemment abaïé desEtrangers , si cruellement gourmande des siens mêmes. Carc’cst-là l’occasion vraie qui nous a fait temporiser jufqu’aujour-d’hui. Et qu’on nous dise en conscience , où c’est qu’à cetteheure l’Etat feroit réduit, si pour le sauver nous ne nous fuisionsoubliés nous-mêmes , si nous n’euísions mis fous les pieds lesmaux passes , & n’euísions dissimulé les maux préfens ? Quant àla patience , on nous en a bien fait aster continuer la pratique,pour nous y rendre maîtres, capables d’en faire la leçon aux au-