DE LA L í G U E.
trcS ; mais fl faut-il confesser que tant de violences fi long-tempscontinuées ne peuvent que nous avoir rangés à deux doigts dudésespoir. Nous le combattons toutefois d’une espérance que DÎS Eglisesnous nous forgeons , bien que maigre , qu’on se lassera. Que li à re’forme’es.ce coup au moins on ne c c île , certes nous voilà an bout de no-tre rollet. Si proteftons-nous ( 6c après tant de beaux essets ,nos protestations méritent quelque créance ) que nous n’auronsjamais le cœur autre que bon François. Jamais la Ligue , jamaisl’Espagne ne nous fera rien. Et ne serons jamais fi dénaturés ,que pour nous sauver nous cherchions la ruine de ce florissantRoïaume. Notre plus grande impatience sera-t-clle que toutela loi, toute raison permet pour se défendre d’un voisin , d’unami , d’un frere frénétique qui voudroit nous mettre à mort ;pourvu que ne périssions , pourvu qu’il y ait une fin à nos mal-heurs nous serons satisfaits , 6c ne porterons point nos mécon-tentemens plus outre. Que s’il reste encore quelque justice ,quelque humanité , quelque courtoisie en ce Roïaume après tantde confusions , par cette même justice, par cette humanité , parcette courtoisie, nous vous conjurons à vous tous qui êtes Fran-çois, & ne Têtes pas mieux que nous, ni de nature , ni dissec-tion , d’embraster vos compatriotes , qui après tant d’outragesreçus, donnent si peu à la colere , qu’ils ne désirent, ne recher-chent que votre amitié. Et la demandent, la recherchent , nonpour avoir rien du vôtre ; mais seulement que les souffriez jouirde ce que ne leur avez point donné , que par conséquent vousn’avez aucun droit de leur ôter. Souffrez donc,au nom de Dieu,qu’avec vous ils hument un même air, foulent un même terroir,habitent mêmes Villes, aient en somme l’eau 6c le feu com-muns avec vous. Souffrez enfin , qu’avec vous ils s’cmploïent aurétablissement de ce misérable Roïaume , à la ruine duquelvous avez autant d’intérêt queux ; 6c plus encore , si nous vousaccordions , ce qu’à notre grand préjudice, vous vous attribuezde faire l’Etat. Nous avons du cœur , avons des bras , avons dusang pour y emploïer ; Lc si ce cœur, si ces bras , si ce sang estbon , les années paíïees le vous ont donné à connoître ; je disces années qui vous ont fait voir , que vous, qui nous mépriseztant, n’avez ni cœur, ni bras, ni sang qui puisse suffire à notreruine , suffire à la conservation de l’Etat sans nous. Pour Dieu,
François , aïez pitié de votre France , si-non de nous , au moins,dis-je , de votre France. Carne vous trompez plus , il ne s’agitpas moins de tout le Roïaume , que de nous. On le croioit au-
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