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Tome sixième.
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Plaintespes Egliseske’eoRme’es

484 MEMOIRES

tremenc parle passé, en je ne fais quel temps qu’on nc nousconnoissoit pas bien encore. Meshui, on nous a essaié assezpour connoître ce que nous disons hardiment, Lc Dieu veuilleque l’épreuve ne le vous fasse croire à vos dépens , que jamaisnous ne périrons fans i’Etat. Aimericz-vous bien mieux , Fran-çois , le voir misérablement périr , que nous tendre la main desociété fidele pour nous entr’aider à le sauver ? Si cela est:,nous prenons aujourd’hui Lc le Ciel& la terre en témoins de no-tre innocence , en témoin de votre barbare cruauté. Et pre-nons Dieu pour Juge de l’injustice que vous nous faites. Quidoute qu’il ne la voie ? qu’il nc vienne tôt ou tard pour nous envenger?

Mais, c’cst à Votre Majesté, Sire, que nous devons nousadresser , pour avoir la raison de vos François qui nous dédai-gnent tant. Nous voici donc à genoux devant elle, comme trèshumbles Sujets , très fideles Serviteurs , nonobstant tant de vio-lences qu’on nous fait pour nous contraindre à ne l’être plus.Nous voici à vos pieds , Sire , tous tels d’affcction que vousnous avez reconnus, lorsque parmi nous vous travailliez iì coura-geusement , fi sagement, ÍÀ heureusement au maintien dc cetEtat, à la conservation dc nos Eglises , Lc avec cela , ou mêmeaprès cela à votre Grandeur. Plus tristes feulement de vous voirrégner en telle forte, que nous qui avons tant couru dc hasardsavec Votre Majesté , tant participé à fes misères , nc puissionstirer, ni soulagement, ni assurance de son autorité. Si ne fau-rions-nous croire qu’cllc nous haïste , qu’elle veuille nous voirpérir. Pour quelle faute ? pour quel défcrvice ? Avons nous desJacobins, des Jésuites parmi nous , qui attentent à votre vie ?des Ligueurs qui en veuillent à votre Couronne? Mais cepen-dant , quand viendra le temps que nous commencerons de sen-tir les effets de votre bonne volonté ? II y a huit ans , peu s’enfaut, que vous regnez. Et qui eut pensé que dans huit ans,vous n’euíïïez pourvu à nous ôter la corde du col ? n'eussiezfait quelque chose pour conserver vos fi anciens serviteurs ? Or,puisque le passé ne fe peut défaire, au moins , Sire , à cette fois :au moins , Sire, au bout de la huitième année. Ce fera astèz tôtpour nous voir contens : car vous nous connoiíîèz, & Dieu soitloué qui nous a donné un Juge fi bon , fi irréprochable témoinde notre sincérité & innocence. Vous nous avez donc connustels , qu’il n’y a persécution fi grande , cruauté fi étrange , delaquelle nous n’aïons mis le souvenir fous les pieds , dès aussi-