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Lettres dePprto-Car-JURO.
nuIc dis
MEMOIRES
dc Votre Altesse pour donner bataille ou la recevoir. Jefin que l’obéissmce ne perde son mérite en moi. Lestranchées dc PEnnemi iont extraordinaires Lc fort profondes,avec des portes 6c redoutes, pour ne perdre pas un Soldat ,ssil les veut garder. Quant aux sorties, je n’en puis plus faireparccque je perds des Soldats,, Lc vous assure qu’à í’occasion.dc la peste , des blessures 6c autres infirmités, il ne m’est pasdemeuré plus de deux mille hommes avec la Cavalerie , 6c ílnous avions ceux que nous avons perdus, ils nous feroientbesoin. La diversité des Nations eut apporté changement si jen’y euste remédié par Pexpérience que j’ai. Je ne dis rien desautres volontés 6c intentions , pour ne vous dire beaucoup dechoses que je pourrois. L’Ennemi, suivant ce que je vous aimandé, ssa pas plus de neuf ou dix mille hommes jufqu’àcette heure. Nous leur en avons tué ou bielle plus de deuxmille , 6c lc reste est réservé pour les troupes de Votre AI teste.Car ils jugent & estiment que vous amenerez dc grandes for-ces ; au lieu des morts & blessés, il est entré quatre cens hommes ,de maniéré que le nombre n’a point excédé. II y a deux moisqu’ils attendent toujours les Ducs de Mayenne, de Bouillon &cd’Epernon. Et nous attendons que les causes secondes opèrent.A quoi je me conforme , encore que les Soldats croient par ar-tifice 6c par espérance que je leur donne chacun jour, avec desLettres Lc avis que leur ai supposés de Votre Altcíle que jc feinsêtre en chemin , il y a un mois. Dieu a appelle à foi Buiton,au bout de deux jours qu’il fut frappé d'u n coup de canon.J’ai beaucoup de blesies. Nous sommes fort pressés de ce siégé.La diligence 6c sollicitude du Docteur Lucas Lopez a pourvuà ce que nous cuisions des médecines. Mais elles font mau-vaises 6c vieilles, 6c au lieu de guérir elles tuent. Dieu veuilleremédier à tout ; c’est ici le duplicata dc ma Lettre du dou-zième. Dieu veuille garder la féréniísime personne de VotreAI teste avec santé 6c accroissmens de Roïaumes, comme nousautres ses Serviteurs désirons, 6c la Chrétienté a besoin. Fait àAmiens, le douzième d’Août 1597. Cette nuit font arrivés lesDucs de Mayenne 6c d’Epernon. Ils n'ont amené que vingtchevaux. L’on dit qu’il viendra trois mille hommes de pied.II y a dispute entre lesdits Ducs. Le Biarnois essaie de les ac-corder ; je ne fais pas s’il en viendra à bout, car chacun veutêtre le premier. Rien ne peut mieux remédier à cela que VotreAltesse avec son Armée.