DE LA LIGUE. 507
Jenc sais ou ìJ fera possible que Votre Alteíle loge si elle nc vient “-
dedans le mois d’Août avec ses forces. Par le Pont, duquel VotreAlteíle m’avifa, qui est celui de Lonpré,ellene doit venir en aucu- por*oCakne forte, pour ce que l'on fe fortifie tous les jours ; & outre cela rero.pour venir à icelle , il y a d’autres rivières à palier. L’on ne faitpas si bonne garde entre Corbie & cette Ville. C’est le pas-sage le plus fur, Sc où Votre Alteíle aura grand avantage Scpour être les quartiers plus foibles par-là, Sc le pont n’être au-cunement fortifié. II est aune lieue d’ici, êcs’appelle Cavion,fans boue qui empêche le passage. Toutesfois, iln’yapointde gué, & partant il est besoin de pont ou de pieux ; Sc ne fe-roit hors de propos que Votre Altesse en fît apporter, afin ques’il furvenok un inconvénient qu’elle ne fe put servir du pont,elle fe servît des pieux pour faire la retenue de l’eau. J’en aidéja fait provision secrètement, pour avoir été averti d’aucunsvieux Habitans d’Amiens, qu’autrefois cela s’est fait, Sc lorsles ponts furent en danger de fe rompre. Et de le faire main-tenant , il y auroit plus de danger que de les attendre à Amiensavec les portes ouvertes. Au temps de Tasiaut, j’éprouverai cechemin pour mettre quelqu’eau dedans le sosie. Quant à noïerles quartiers, il faudroit un autre déluge, comme celui qui noïale monde : Sc davantage, ils tiennent une tranchée derriere leursquartiers, qui tient depuis un pont jufqu’à celui de Cavion,qui est celle qu’il me semble que Votre Alteíle doit prendre,puisque par icelle elle évite la tranchée Sc tous les inconvé-niens qui peuvent rendre votre entrée difficile , Sc par où Scavec plus de facilité je puis tendre la main à l’Armée. J’ai répondupar ce que dessus à la Lettre de Votre Alteíle. Ce que je luipuis dire, c’est qu’elle vole, s’il est possible , elle en íera ce quilui plaira, l’aíTurant qu’avec grande brièveté elle nous perdratous Sc cette Ville, Sc la plus glorieuse occasion que Princeait eue de long-temps , que moi Sc ceux qui font ici accom-plirons avec une mort honorable, tant envers Dieu qu’enversSa Majesté, 8c Votre Alteíle seulement; ce regret m’acccm-pagnera jusqu’au dernier soupir, si l’on veut dire que je vousai hâté fans grande 6c suffisante occasion. Dieu conserve cettePlace , comme il l’a donnée par miracle, Sc le fera.
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