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■Reddition
d'Amiens.
5.8 MEMOIRES
ne parle point de la pudicité des femmes mise en proie : les mi-sères y ont été extrêmes, Sc les rançons violentes Sc démesurées,même envers ceux , lesquels on avoit ja dépouillés de tousmoïens : pour lesquelles extorquer l’Efpagnol n’a oublié aucuneefpece de contrainte Sc cruauté. De forte que la plupart des Ha-bitans ont été rendus misérables, & tel, qui fouloit être bien kson aise , foudre beaucoup à présent : tel qui étoit bien riche,est réduira la pauvreté : Sc tel qui fouloit donner , mendie. Lesouvenir en est grief, Sc le récit lamentable. Ce sont des exem-ples devant nos yeux , Lc des enfeignemens à toutes les VillesSc Peuples de la France , de bien penser à eux , Sc d’être soi-gneux de se bien garder , amis de leur patrie, ennemis des nou-vautés. Ce font leçons qui nous apprennent de demeurer en.notre devoir, Sc ne prêter l’oreille aux persuasions de ceux quise veulent enrichir par notre perte, Sc s’avancer par notre rui-ne , auxquels l’ambition fait oublier le devoir qu’ils ont à leurpatrie , Sc préférer leur particulier à ce qui est du général deî’Etat. Ce font prêcheurs qui nous enseignent dc nous contenirpaisibles Sc roides en l’obéiflance de Sa Majesté, fous la douceurde ses loix Sc commandemens , Sc en somme d’être sages par lepéril Sc dommage d’autrui, afin que nous ne soïons accablés detelles miseres , engloutis de tels malheurs , Sc asservis fous lejoug insupportable du superbe Sc avare Espagnol , duquel la ty-rannie Sc cruauté surpasse les plus barbares Nations du monde.Ceux d’Amiens, par la grâce de Dieu, en font délivrés ; Sc parla vigilance Sc valeur de Sa Majesté , jouissent de leur patrie , deleurs maisons Sc de leurs foïers , Sc de ce peu de bien qui leurreste, qui font les trophées des victoires de Sa Majesté , Sc leseffets de ses vœux. Dieu leur fasse la grâce d’en jouir longue-ment , fous l’obéissance Sc régné de Sadite Majesté , par lemoïen de laquelle ils font mis en liberté , Sc jouissent dé tant dçbénéfices, Sc à nous de faire notre profit de leurs miseres.
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DISCOURS