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Tome sixième.
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530
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1597 -

Réduction

d’Amiens.

530 MEMOIRES

ses humaines , ou quelque fortune aveugle mêlée avec notreimprudence, ou bien une constellation des astres avec une né-ceiíìté fatale qui ne fc peut vaincre. Mais j’en demande hardi-ment à fa propre conscience, si nonobstant , elle n’est pas fan.»ceílè furieusement agitée de son péché ? s’il ne restent pas là-dc-dans un remors 3c une fyntcrefe qui ne l’abandonnent point ìCar ce font là les aigles 3c les vautours qui mangent à l’un le foie,& à l’autre le cœur. II me fufEt que les âmes pures reconnoislencqu'il ne faut point accuser le Ciel, ni les destinées ; c^ue le bienvient d’en haut 3c le mal de nous;qu’entrant en nous-memes,nousen trouverons la cause : notre siécle fertile est presque prodigieuxen toute méchanceté; plus de piété , plus de charité parmi nous.Bref, comme les péchés fe tiennent enchaînés, 3c que Dieu pu-nit l’un par l’autre , qu'o n est monté peu-à-peu, Lc comme pardegrés à l’extremité de tous vices ; ainsi , qu'il ne fe faut pasétonner, si de ces sources font découlés tous les malheurs quicouvrent notre pauvre France ; file mauvais arbre a produit tancde mauvais fruits , tant de confusion, de dérèglement , dedésordre que nous votons en tous les Ordres de l’Erat. Et c’estàà la vérité la vengeance que Dieu prend dc ceux qui Toublient,qui enfreignent son alliance, qui n’ont plus fa crainte devantles yeux, 3c fa parole pour conduite en leurs actions. L’élo:-gnement du Soleil fait les ténèbres : de même ceux qui s'éloi-gnent de cette divine lumière fe sentent incontinent frappésd’aveuglement. Mais encore pouvons-nous dire avec conlola-tion , que l’œil de fa divine bonté n’est point tant fermé fur sescréatures, qu'il ne les daigne bien regarder avec une commisé-ration paternelle ; fa main n’est point si fort appesantie fur laFrance, qu’elle ne puiste par son aide fe relever de fa chuternos maux ne font pas si déplorés , qu’ils ne reçoivent leur guéri-son si nous la voulons chercher; cn un mot , qu’il ne tiendraqu’à nous-mêmes que nous ne remettions notre patrie en fa pre-mière vigueur. En fans malheureux , si le pouvant faire , noussommes si dénaturés que d’oublier notre devoir envers notrecommune mere , Lc qu’il nous soit reproché, que le Ciel , fouslequel nous sommes nés , n’ait point versé dans nos âmes desphiltres généreux pour son amour & pour son service. Hélas îFouissons courageusement toutes choses , voire les plus extrêmes,avant que de voir flétrir le nom François de cet opprobre. Tousà la vérité font contenance de déplorer la confusion, soupirenten apparence après un bon ordre ; mais ces pleurs Lc ces fou-