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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. n-

ç>ìrs nc partent pas de même cœur, tous ne vont pas aux remè-des également : Lc en voici la raison. En ce grand débordementd’Etat, si les uns se perdent, les autres se sauvent, ôc quelques-uns encore y profitent. Ceux qui peuvent échapper fans perce ,qui ne font que simples spectateurs du mal d’autrui, le regar-dent bien avec des yeux charitables , mais le contre-coup neleur donne pas jusqu’au cœur. Les autres qui se voient perdresans espérance de salut, lesquels nc font pas un petit nombredans le peuple , crient à bon escient , invoquent au fort de latourmente &C hommes & Dieux à leur secours : mais au contrai-re, ceux qui les dépouillent, qui recueillent leur bris , s’en ré-jouissant , &ne voudroient pas un meilleur temps. Toutefois ilsauroienthonte de le dire, ôc font contenance, comme les autres,de souhaiter meilleure fortune à leur prochain ; Lc s'ils n'ont cesouhait dans l’ame , pour le moins l’ont-ils à la bouche; autre-ment ils perdroient tout crédit, & sc déclareraient ouvertementennemis de la société des hommes. Ainíi , il ne se trouve per-sonne au général qui ose directement combattre le bien duRoïaume , qui nc public tout haut qu’il y desire la réglé , la po-lice , la réformation , au lieu de la difformité Lc du dérèglement,pestes perpétuelles des Républiques. Or, comme ce Roïaume,en son désordre, se voit encore distinctement composé destrois Ordres anciens, de l’Eglise, de la Noblesse, & du TiersEtat, fous lequel dernier on comprend la Justice & les Finan-ces ; on peut dire avec vérité, mais avec soupirs &C regret, quece n’est par-tout aujourd’hui que marchandise, que corraterie,qu’un trafic très infâme qui s’excrce impunément en toutes sor-tes de qualités. Si nous entrons dans l’Eglise, nous n’y trouve-rons plus fa pureté & sainteté ancienne ; mais toutes choses entel état, qu’il vaut mieux, comme ses enfuis, couvrir fa honte,que de la publier. N’y verrons-nous pas une simonie 6 C nundina-tion toute publique & ordinaire? N’y verrons-nous pas les mainsprofanes ravir fans honte les fruits dédiés aux seuls Ministresde Dieu & de son autel ? Je dirai un mot libre, mais vérita-ble pourtant, qu’encore que les élections donnassent autrefoisbeaucoup de scandale à l’Eglise , à cause des brigues & mono-poles qui s’y faifoient , de forte que les Poètes même de cetemps là , cherchant la Discorde pour l’envoïer troubler desarmées , l’alloient trouver dans les Cloîtres &C au plus sacré desMonastères , fur le point mêmement des élections ; si est-ce que„ceux qui remarqueront l’im ìk. i’autre siécle, confesseront par

Xxx ij

IS97-

Réduction

d’Amiens.