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Tome I.
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,40 HISTOIRE DE POLYBE^

vinciblej pendant qu’il rétablit une République dont la chûte sembloitcertaine, Lc relève le courage à des troupes, qui avoientperdu jusqu’aa

sen-

garder un petit nombre de places 8c raser les au-tres, que de les conserver toutes. Cet avis étoittrès-sage & très-prudent , dans un tems que latempête étoit prête à fondre fur la i.ête des Hol-landois; au lieu qu’ils .''amusèrent à les fortifiertoutes par de nouveaux ouvrages , lorlqu’ils a-voient à peine le tems d’en réparer les ruines :en un mot, ils ■ voulurent les garder, 8c les dé-fendre toutes, 8c par ià ils se trouvèrent si fortaffaiblis, que leur armée fut réduite à rien par tantde garnisons. Aussi n’eut-elle garde de se mon-trer devant celle de France, qui fit tout ce qu el-le voulut ; 8c comme on profite rarement de la fau-te Sc des conseils d'autrui, il arriva aux Françoisla même chose qu’aux Hollandois: car aiant vou-lu conserver toutes leurs conquêtes, le Roi setrouva si embarassé , qu’il vit bien-tôt la fauteu’il avoit faite, pour n’avoir pas crû les conseilse M.le Prince, Sc du Maréchal de Turcnne , tjuiétoient d’un avis contraire, 8c ausquels il eût dûajouter plus de foi qu’au Marquis de Louvois. Carbien que ce Ministre fût un très-grand homme,8c un esprit du premier ordre, il n’étoitpas hom-me de guerre; Cette faute fut très-grande, on lareconnut fort peu de tems après.

M. de Saint-Evremont, qui étoit du tems destroubles de la minorité de Louis XIV, trouvoitue la Cour, comme le parti contraire,avoit faite grandes fautes. fiai vâ prendre me résolution,dit-il, qui cmsoit lu perte d'un grand Etat fi elletût été suivie: s en vis prendre une contraire le mê-me jour par un heureux changement, qui futson sa-lut-, mais elle donna moins de- réputation a l’auteurd’un fi bon conseil., que n'auroit sait la défaite decinq cens chevaux , ou la frise d'une ville peu im-portante: ces derniers évenemens frapent les yeux ,ou l’imugination de tout le monde. Le bon sens n’eftadmiré quasi de personne, pour ríêtre connu que pardes réflexions que peu de gens■savent faire. Puis-que je fuis en train sor la matière du conseil, oùPolybe me conduit, descendons plus bas que letems de la minorité de Louis XIV.

Lorsque la Religion de Malte prit l’alarme sorì’armement que le Turc dressoir, on fit ce qu’onappelle la citation : tous les Chevaliers y couru-rent. Je fus demandé au Roi, 8c avec cela troisou quatre Ingénieurs François, 8c un Brigadier àleur tête; mais comme il est de ces sortes d'Offi-ciers comme des oiseaux dans les volières, dontil y en a.qui chantent, 8c d’autres qui ne chan-tent pas, si so trouva que le Chef de tous chan-toit tres-mal, quoiqu’on crut qu’il chantât très-bien , parce qu’il se trouva en lieu où la plupartde ceux > qui étoient au timon des affaires > com-me’ le plus grand nombre, n’entendoient pas laMusique; Ces oiseaux, en arrivant, trouvèrentque cette place» dont les ouvrages font en foule,,

n’én avoit pas aster,, quoiqu’iî y en eût déjatroptils se mirent à en faire de nouveaux, 8c à applau-dir à un grand fort que l’on bâtifíbit, 8c que l’onenc.iâsiòit dans la Cotonére, qui est capable defaire une très-grande résistance. Malte renfermetrois villes, il est moralement impossible que la-Ci-té Valette, qui est 1a principale , puisse secourirles deux autres. Jamais place n’a été de plus gran-de garde, à peine trente mille hommes soffiroientpour défendre ces trois Villes. Je fus fort éton-né de voir qu’on faisoit de nouveaux ouvrages, Sc.que les nouveaux venus les approuvoient fort. Jepris la liberté de demander aux Messieurs de laCongrégation de guerre , s’il étoit vrai que lesTurcs les menaçassent, 8c quand on les attendoit.11 me fut répondu dans deux mois Faites donc,leur dis-je, des ouvrages qui puissent être finisentre-ci- 8c ce tems-lì , Sc non. pas une citadelledans une autre , 8c qui ne peut être finie en troisans. Ne feriez-vous pas mieux de défendre vo-tre Isle, plutôt que votre place, qui est bien plusaisée à emporter? En effet l’Ifle est presque im-praticable, 8c très-difficile à aborder. Je propo-sai des redoutes dans les endroits où la défense e-toit la plus aisée. Le Grand Prieur de France,plus sensé , plus éclairé , 8c plus expérimentéqu’aucun de ceux qui étoient venus pour 1a défen-se de la place, fut de mon avis : mais la multitu-de , cjui ne voioit goûte dans cette dispute, 8c le*Messieurs de la Congrégation de guerre, préférè-rent le sentiment de l’Ingénieur , fans autre raison;si non que celui-ci étoit Ingénieur de profession,8c que je ne l’étois pas; comme si le titre faisoitlc même effet que l’imposition des mains dansl’Eglise, 8c qu’avec un tel appui il ne fût pas pos-sible de mal raisonner. Cette dispute, ou il nes’agiísoit de rien moins que du salut de la place,dégénéra en parti, Sc la multitude qui se tournadu côté de l’Ingenieur, fut plus forte que la rai-son 8c le bon sens: mais cela ne dura pas long-tems. Un Ingénieur très-habile arriva en cetems-là de France, qui pense tout comme je sisesois, non pas sens rire de voir d’un côté la rai'son, 8c de l’autre l’abfurde tout à découvert, sis’attira tous ses Confrères sor le corps, qui jointsa d’autres gens aussi malins qu’eux , le déchirè-rent a la Cour. Malgré les oppositions qu’onforma pour ne point fortifier l’iste , infinimentplus forte que la place,le Grand Prieur de Fran-ce fit conclure à fortifier Piste , 8c l’on suivitmon avis , qui étoit le plus raisonnable, fins qu’onfût plus équitable,ou moins échauffé contre moiiSi vous craignez d’être attaquez en peu de tems»disois-je, faites votre capital de la défense de vo-tre Isle. Fortifiez les endroits par où la descen-te est aisée, par un bon abattis d’arbres sot 1 ebord de. k pier, Çe mot d’abattis. frappa leurs

oreu-