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Tome I.
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, L .I V ; R E K r.î C H A;P.: VIL. , 4Isentíirieat - dè leurs dcfáites, C’ést à mes Lecteurs de mettre à profit cettepetite digression. On s’instruit de ses devoirs, ou par' ses propres mal-heurs, ou par les malheurs d’autrui: 'le premier moien est plus efficace,mais l’autre est plus doux. On ne doit prendre celui-là que lorsqu’on yest obligé, par ce qu’il expose à trop de peines & à trop de dangers; aulieu que celui-ci est.à rechercher, parçe que fans aucun risque on ap-prend quel on doit être. Après cela peut-on ne pas convenir que l’Hif-toire est l’école où il y a le plus à profiter pour les mœurs, puifqu’èlleseule nous met à portée, fans inquiétude &c fans péril, de juger de ceque nous avons de meilleur à faire.

Après des succès fi avantageux , les Carthaginois n’òmirent rien pour Xanti P-témoigner leur joie, soit (a) par des actions de grâces rendues folem- jaunie

neí- c ‘ ans fi

- patrie.

oreilles, 8c leur parut du Grec : non feulementà ceux qui n’avoient jamais lèrvi ; mais encoreà l’Ingenieur 8c aux Officiers Généraux Cheva-liers qui s‘en moquèrent , tant la passion 8c lacabale avoient démonté de cervelles , quoiqu’onne puiílè rien présenter de plus fort 8c de plusredoutable à l’ennemi, 8c íurtout dans une des-cente ; car de toutes les fortifications de campa-gne , • il n’y en a point qui puisse être comparée àcelle-là, 8c íurtout fur les brèches, Fendant cesdisputes, le Chevalier de Tressemane, qui est mortLieutenant Général, proposa de foire un camp re-tranché de la Cotonére; il fut applaudi de tout lémonde : c’étoit la même chose que si un hommeavant le siège de l’Ifle, avoit conseillé d’en abat-tre 8c d’en raser les fortifications à une certainehauteur , fur le titre de camp retranché, je fisvoir ie ridicule de cette imagination, 8c l’Inge-nieur nia qu’il y eût applaudi, quoiqu’il eût été lepremier en tête.

Ce qu’il y a de plus favorable aux Maltois > c’estque leur Iíle est d’un si difficile abord, que dix àdouve mille hommes suffisent, 8c au-delà, pourcn empêcher la descente : au lieu que trente mil-jê lù Broient à peine pour la défense de Malte seu-se, qui devient tous les jours de plus grande gar-de , 8c par conséquent plus foible. S’ils cuisentc té attaquez, il ne fout pas douter qu’ils n’eussentcu recours aux abattis d’arbres.

Lorsque la crainte fut passée,,8cque la Religioneut feit ià récolté d’armes 8c de toutes fortes demunitions de guerre, que la France 8c,les autresPuissances de la Chrétienté lui donnèrent , jem'embarquai pour rn’en revenir, après msetre Biendiverti de voir un parti soulevé contré lé bon sens8c les réglés de la guerre, bien résolu dè n’y re-tourner de ma vie. Pendant ces belles chicanes,on écrivit de la Cour à M. le Bailli de Langeron,qu’on n’avoit point douté que je ne me fusse retirémécontent. Vôtre ami , lui difoit-on, est fait fourn'être jamais crû, & four avoir toujours raison. Jese répète encore-, si Malte avoit été assiégé, l’ex-

trémité de leurs affaires faiioit tomber les beauxraisonnemens de PIngcnieur ; les abattis eussent étémis en ,ulàge, 8c l’on eût dit asors comme Poly-be, un bon conseil vaut mieux qu'une fuijsante ar-mée. Tous se seroi'ent réunis à la vérité. On veutprimer loin du danger, on sc rend justiceloríqu’ilest proche. Concluons par cette maxime , queceux qui ont plus de soin du bien 8c du íàlut pu-blic, qui sont les plus fidèles, les plus íàgesScìesplus habiles, sont ordinairement ceux qui sont lesplus sujets à trouver de grandes oppositions , 8causquels l’on marque le moins de reconnoistànce,quoique leurs conseils aient été suivis.

(a) Par des actions de grâces rendues folemnelle-:ment aux Dieux.'] Les Anciens avoient donc leursHymnes 8c leurs Cantiques comme les Modernes.Ils rendòient des actions de grâces à leurs Dieuxavec de grandes marques de reconnbiílànce , 8cmême avec plus de solemnité que nous ne foison,aujourd’hui, par des processions 8ç des fêtes quiduroient quelquefois quinze jours, comme celase volt dans César. Jamais Capitaine Romain nefournit tant d’occaiìons de louer les Dieux pardes Cantiques , des jeux 8c d'autres marques deréjouissance que celui-là, 8c n’eut moins besoinqu’on priât' Jupiter 8c le# autres Divinitcz dansleurs Templeá , pour lui obtenir la victoire. Ilauroit bien pû faire la même réponse aux Ro-mains lorsqu’il partoit pour l’armée , que celleque fit Ajax à son pere, qui lui rccommandoitde joindre toujours à la force de son courage,8c aux régies de ía conduite, l’astistance des Dieux.Voies fenfiz, comme une vieille , lui réponds Ajax,fouvez,-vous ignorer que les foltrons eux-memes nesoient souvent victorieux avec une telle assistance ?Four moi je m’ert . fajfe, je vaincrai bien fans cela.C’est ainli que Sophocle fait parler Ajax, qui necroioit pas, non plus que Celàr 8c le Poète Iui-même, que des Dieux h ridicules exauçassent leursprières, 8c qu’íls luisent dignes de leurs actions de -grâces. Les processions 8c les prières, pour im-plorer lc secours de la Divinité dans une guerre,

sont

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