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Tome I.
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Nou-veauxprépara-tifs deguerrci

14 -, H 1.3 TOI RE DE POLYBE,

nellement aux Dieux, soit par lessdevoirs d’amitié qu’ils se rendent lesuns aux autres. Mais Xantippe,’ qui avoir eu tant de part au rétabliílè-ment de cette République,, n’y fit pas un longséjour après fa

vic-

'/ont ‘bonnés ; ' niais’ lès’ ’gétfs éclairez sont pèríuai-•áez qu'en nHigiffcít poiìit í áii s’ádreffe Vainementau Ciel , Pii n’écoute -point ies vœux-, des fai-néans ; 8c qù’au çòh'tráirè toiit reuflït áùx gensfiges, vigilans & laborieux. Un Général-ne doits’occuper qu’à bien regler l’état de la guerre, 8cn’attendre. la bonne fortune qucdefoj- même,s’-il est habile, ou'dès confeifi-à_es;^tìis' cajSaliles,8c expérimentez, s’ál manque d ; é}.'periejiçc,.&soecapacité. '

Les Anciens ne remercioíent pas seulementlaurs Dieux après une grande victoire > par desprières 8c des sacrifices solemnels dans. les. villes& dans'les armées 1 , iïiaii 0 ils; f^soiéstt encore desprières' lorlqilë les’armées tssofénffoíi 'présence' &à H veille d’iine 'bataillé; ' Lés 1 sopimès /nfc ' boti-geoient deS Tëhipîesj 'Jsbirí implorer lá cbsopa’í-•sion des Dieux : c'ëtdit lî ìèur ’.tàfcbe. r Les;plìisdévotes les balioient même ! de fouts cheveux.Gela sc volt dans tous les Historiens,8c plus par-ticulièrement dans mon Auteur avant la bataillede Cannes. 8c auparavant. On ne vit jamais Untel attirail de dévotions, de victimes 8c dé priè-res pour la victoire, que durant la guerre d’An-nibal, 8c jamais Jes Divinisez de 'Rome ne paru-rent moins sensibles 8c de móinS 'bonne volontéà les écouter. Toutes ces dévotes furent ren-voiées à yuide. 'Jafríâis ícs 'Romains ne se vi-rent plus pressez de recourir à í’assistance desDieux, 8c dsirhplorer leur compassion; car leurs. Généraux étòiênf si mauvais 8c si mal habiles ,qu’à moins d’uji 'prodige , ils he pôuvoient êtrechangez en autres 'íiomnìesi mais ils ne savoientpas que leurs Dieux étoient les mêmes que ceuxd’Epicure, très-fourds 8c très-i.nsensibles ct ne pre-nant aucune part aux affaires du monde. Les Ro-mains l’ignoroient, ils ne se rebutèrent jamais, ilscontinuèrent dans ce train, 8c longtems, ■ mais inu-tilement. Il falloir que fours Généraux fusiênt de-venus plus habiles, pour que leurs Dieux se dé-clarassent pour eux. Un bon nombre de bataillesperdues, 8c l’expérience de leurs défaites, firentce que le Ciel n’avoit pû faire. 11 vint de nou-veaux Généraux, déja dressez par les fautes desautres, qui leur servirent de leçon. Avec de tel-les dispositions, ces nouveaux Chefs prirent légouvernail des armées,se conduisirent tout autre-ment que les-autres, 8c se battirent tfes-vigqurau-sement gc très-méthodiquement ; alors ses DieuXse tournèrent visiblement de leur côté, bien en-tendu que le Sénat choisiroit toujours des hom-mes de mérité. Il s commencèrent alors à vaincrre, mais ce ne fut qu’avec de très-grandes diffi-cultez. Pas un seul petit don gratuit de la partdes Dieux. L, ignorant étoit toujours battu, quoi-

que plus dévot. ìls se déclarpîent pour le. plushabite- Si celui-ci faisoit une lourde faute , 8tque 1 autre en profitât, -il tes avoit pour lui : au-trement if ne tenoit rien. A peine Annibai avoit-il mandé fi Carthage .qu‘il avoit vaincu les Ro-mains en Italie, que ceux-ci apprenaient tout aus-si-tò.t .que S.cjpio.n étoit victorieux en,Espagne > oudrì ‘Afrique : ainsi tour . te' .tour les Romains 8c lesCarthaginois'.pleuraient, se réjouiílòient, 8c re-merciaient leurs Divinisez, ou imploraient leurcompassion. Si Esope avoit été de ce tems-là, 8cqu’on lui eût demandé quel étoit le passe-tems desDieux, n’auroit-il pas répondu qu’ils le faisoientdes querellés'de ces deux peuples?

L'Êmperèur ^ùrelien, qui étoit un très-grand'Capitaine, ne pensoit pas comme Ajax, qui n’a-voltjartláis - gagné dë batailles ,8c qui n'étoit qu’unto’uellíste, non plus qu 1 Achille. Cet Empereur se‘trouva très embarastë dans la guerre des Marco-maíis. II sentit l’extrême besoin de ses Dieux.On ne le sentit pas moins à Rome. On voulut'consulter les Livres des Sibylles. Ces sortes déconsultations ne se faisoient que dans lés dangersies plus pressens, 8c ne se faisoient pas fans frais,8c fins un grand dégât dé victimes.

Aurelien pressa vivement le .Sénat de consulterCet Oracle, 8c lui mandoit que son Trésorier a-voir ordre de fournir abondamment à cette dé-pense. 11 n’est pas honteux, ajoutoit-il, de vain-cre par 1e secours 8c l’assistance des Dieux. Sou-venez-vous que nos ancêtres ont commencé 8cterminé plusieurs guerres, & jamais inutilement»en recourant à un tel aziìe. fies braves, leur dí-soit-il encore , ne rougissent point des victoiresu’ils tiennent visiblement du Ciel, lorsque lesangers sont plus grands que ses remèdes. Maisce Général, qui écrivoit de si belles choses en fa-veur de ses Dieux, ne laisioit pas de siiivre la ma-xime des Lacédémoniens , comme il avoit faittoujours , d’invoquer la Divinité en mettant lamain à l’œurrè, regardant toujours la défiancecomme k mere de fureté,

Caron, qui connoislòit parfaitement que se*Dieux n’étoient que des Dieux de bois 8c de pier-re , 8c tout a fait insensibles, se moquoit des Ro-mains, gt les blamoit de se confier à leuraffistan-£ e ; tlí h’éxaucent jamais les fàinéans, leur di-íoit-u, 8c la paresse ne leur plut jamais. Appa-remment que les hommes de son tems, à l’éxem-ple du sexe dévot, cauroient les Temples. Ilcroioit qu’il étoit mieux de n’y aller qu’après l’a.f-faire faite, & après qu’ils se seroient déclarez pardes succès décisifs 8c fins nulle équivoque. Celame fait souvenir de la superstition de Fabius Max.i-mus, qui abandonne son armée, 8c met toutes les

assai-