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affàires en risque, dans un tew.s même, dé , crise,pour aller à Rome assister à. un Sacrifice, & letout pour donner de la.fumée, à,sou; Jupiter .pen-dant qu’Annìbal lui-prépare de la besogne pour sonretour. Quand je lis cela dans mon Auteur, j’enfuis tout étonné. Je ne le sois pas moins de Per-lée , qui alla bien plus loin. Sc qui jprit bien plusmal son tems : car pendant qu’il en etoit aux mainsavec les Romains, il abandonna íòn armée pouraller sacrifier à Hercule, le Dieu du monde, qui fèrvettoit le moins en peine de ces sortes de dévo-tions. II vouíoit qu’on se battît bravement 8cvigoureusement. Les lâches perdoient leur cau-fè, 8c leurs sacrifices étoient comptez pour rien.Aide-toí, difoit Hercule au chartier embourbé,8c je t’aiderai. Voilà où les Païens en étoient lo-gez à l’égard de leurs Dieux , ausquels les gensé’esprit ne croioient guéres, tant ils étoient ridi-cules : aussi n’y comptoient-ils. pas beaucoup, ScCe s’y fioient qu’à bonnes enseignes.
(a) Il eut la prudence de s’en retourner dans fapatrie.] Les Carthaginois, dans l’état du mon-de le plus désespérant 8c le plus triste, se livrent8c s’abandonnent à la capacité de Xantippe. Cho-se rare! Les Généraux eux-mêmes reconnoiísentfiU’ils ont été battus par leur ignorance. Ils s’a-v ouent inférieurs à un étranger; ila lui obéissent,8c, sens envie, pour le filut de la patrie. Je l’aidéj.a dit, cela est grand. 2c me charme. Cette esttinie, cette vénération pour un étranger, dure-^nt-elîes longtems ? Recevra-t-il une récompensedigne du service rendu? Non assurément : Vouaserrez que ces Républicains reviendront à leur e-fit naturel. Dès qu’ils se virent délivrez des ca-sonitez d'une guerre mastieureuse pat une victoi-re complette 8c décisive, ils furent honteux > ditSaint-Evremont de devoir leur salut à un étran-ger ; (fi, revenant 'à la perfidie de leur naturel, Us,Jurent devoir étouffer leur honte, en. fie défaisant, díc ?lui quì les avoit défaits des Romains. Est-il. pof-^bie que ses Carthaginois aient été capables d’une? noire ingratitude, 8c d’une perfidie û détesta-ble que celle dont on les accuse à l’égard de Xan-t'ppe? On croit tout d’une nation, sent foi, traî-> perfide, 8c incapable de reconnoiíîànce. Lesfheíseliens, dont les Grecs nous représentent l’efiPnt, les mœurs 8c les inclinations avec des cou-curs si noires, étoient de fort honnêtes gens enComparaison des Carthaginois. Si les Historienstatrns etoient les seuls qui eussent parlé de la finàeureuse de Xantippe, nous douterions de ceh u *ls nous en apprennent: mais les Grecs tien-ent le me me langage. Ce que notre Auteur envon dst est perdu, il ne paroîtpas selon lui qu’onait fait périr. On donne, dit—il, une autre rai-'^ fe U retraite de Xantippe ;. nous tâcherons de■Jf aircìr en son lieu. , Ce qui prouveroit que lesarthaginois firent périr ce grand homme , c’est
qu’on nlen a plus ouí parler depuis son départ deCarthage;, n’ést-ce pas là un bon préjugé contrele-sentiment contraire ? Appsen- 8c Zonaras nousen donnent dè, bonnes, nouvelles. Cette victoirede.Xantippe, diseqt-ils,,cause fi ruine car lesCarthaginois, .craignant qu’on n’attribuât à cet ó-tranger toute la gloire de 1a défaite des Romains,,8c leur propre filut, jugèrent à propos de le ren-voier en íòn, pais ávec tous les honneurs que mé-ritoit une action si digne de leur reconnoissance;ils lui firent de.grands présens-, & rembarquèrentpour fi patrie fur une galère richement ornée, L-vec un ordre secret à ceux qui la commandoierttde jetter cet excellent Officier dans la mer, avectous les, Grecs qui l’avoìent accompagné dans cet-te guerre. Voilà qui est épouvantable. Ils ren-voient dans son pais comme une victime fins ta-che , la parent, l’ornent pompeusement, la cou-ronnent de bandelettes, £c renvoient noier à deuxpas de là comme si ses services qu’il leur avoitrendus, cuisent dû être enterrez 8c ensevelis dansses ténèbres de l’oubli par k mort de l’auteur deleur liberté. Cette imagination est ridicule, &me;feroit douter de la vérité de ce fiit, si. k psopartdes hommes, passionnez. 8c sots, n’étoient accu-sez. des mêmes allures. II est de cela comme decertains Livres, ou de certaines brochures rem-plies d’astreuses véritez contre des hommes enco-re plus affreux, que l’on défend de. lire, 8c de gar-der chez soi sous de grosses peines. On croit a-pxès ces défenses > qu’íl n’en sera plus parlé , 8c,ue ces Livres ne perceront jamais les profon-eurs des siéeses à venir. Point du tout, l'im-mortalité leur est assurée par cekseul. Tacite nousapprend que rien ne se fait tant rire que limperû-neneg. de ceux qui croient, par une puissance de peude durée, éteindre la mémoire de tous ses siécles;car aù contraire la censure, dit-il, donne me nou-velle. autorité aux ouvrages, tous les Princes é-irmgers , (fi les nôtres à leur éxemple, qui fe fontservis de cet artifice, n’ont rien fait par là qu:ac-croître leur honte fi> la. gloire de leur ennemi.
Le traitement fait à ; Xantippe, est tout ce qu’onpeut reprocher de plus. honteux 8c de plus lâche.Cette infamie , étant faite par une délibération,publique, tombe sor toute k nation.; chacun à fi.part de k honte, 8c la sopporte avec peine ; caroutre qu’elle renferme k trahison 8c k perfidiel’ingratitude doit fins doute être k plus difficileà digérer , comme étant le plus grand Sc le plusbas de tous ses vices. Il y a des Auteurs qui par-lent d’une autre fiçon de k fortune de cet Offi-cier Lacédémonien. Ils diminuent un peu du cri-me des Carthaginois, fins pourtant ménager leurperfidie ; car ils disent qu on lui avoit donné pours’en retourner un vieux bâtiment, tout à fait horsd’etat de tenir k mer, 8c qu’aiant remarqué cet-te fraude , il la dissimula., monta fur un autre
vaísi