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Tome I.
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, 9 i HISTOIRE DE POLYBE,

eût surpris ) & leur eût fait boire le même vin que les Bavarrois burent à Rhin-;

felt.

Une bataille n’est complette & décisive qu’autant qu’on en fait profiter dès l’instant quela victoire s’est déclarée, fans nulle équivoque, qu’aucun corps ne reste en entier, quetout s’enfuit, que tout court à la débandade. Le Général victorieux doit bien fe gar-der alors de faire un lieu de repos du champ de bataille,- mais imiter ce que fit Césardans toutes ses victoires, & particulièrement dans celle de Pharfale. II n’a pas plutôtvaincu Pompée, que tout fur le champ il marche à l’infulte de son camp, qu’il em-porte; ce n’est pas encore assez, il le fuit fans relâche, & à marches forcées. Il l’o-blige de monter fur mer ; il y monte auísi , & avec la même promptitude, de peutqu’il ne lui échape : belle leçon pour les victorieux, qui ne le font jamais qu’àdemi.

On doit laisser là tous les blessez, les gros bagages, la grosse artillerie, enfin tout cequi peut retarder la marche d’un seul moment, camper sur les traces des vaincus , afinqu’ils n’aient pas le tems de fe reconnoître, & de recourir aux ressources.

Ordinairement une armée battue cherche son salut par différentes routes & diversesretraites: on doit partager son armée en plusieurs corps dans un très-grand ordre,les en-voler aux trousses des fuiards, tâcher de les atteindre pour les accabler, & ruiner le tout.Si les vaincus fe réunissent & fe rassemblent sous le canon de la place la plus voisine,l’attaquer brusquement à la faveur de la nuit, ou dans le plein jour : on essuie un feu depassage, mais dès qu’on en est aux mains ce feu n’a plus lieu. Combien l'Histoire nousíournit-elle d’éxemples de ces sortes d’entreprises ? Sans épuiser cette matière, sur la-quelle nous ne taririons pas, on doit seulement considérer qu’il y a certaines bornesd’oùl’on ne íàuroit s’écarter après une victoire : c’est en quoi consiste l’habileté du Géné-ral. H y a un certain point jusqu’où il est permis de poursuivre ses avantages. Ce n’estpas connoître ses forces, ni même celles de ses ennemis, que de n’oser aller jusques-là,ou de vouloir aller plus loin, lorsque la défaite n’est pas entière. Bien des Générauxont été battus'après une victoire, faute de connoître la juste étendue, qu’ils auroient pûlui donner.

CHAPITRE XIII.

Brise d’Ertte par Amilcar. 'Différentes tentatives des deux Géné-raux Vun contre Vautre. Amilcar assiège Eryce. Nouvelle flotte desRomains commandée par C. Luëlatìus. Bataille d’Eguse.

L A dix-huitiéme année de cette guerre, les Carthaginois aiant faitGénéral de leurs armées Amilcar, surnommé Barcas, ils lui don-nèrent le commandement de la flotte. Celui-ci partit auíïï-tôt pour al-ler ravager l’Italie ; il fit le dégât dans le pais des Locriens & des Bre-tiens : de là il prit avec toute fa flotte la route de Palerme, Ça') & s’em-

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(a) Et s empara d’Eryce, place située sur le bord aiíurez : c’étoit une ville de Sicile. La deserip'àe lit mer. ] Nous ignorons aujourd’hui íòn éxis- tion que Polybe en fait ne sent point la néglige 11 'tance, ou du moins n’cn íòmmcs-nous pas trop ce des Anciens Auteurs. Il étoít d’unc extrême