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Tome I.
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ZÍZ HISTOIRE DE POLYBE,

au gros de ce qui avoir été fait, mais ils étendirent un peu plus les con-ditions. Ils abrégèrent le tems du paiement, ajoutèrent mille talens à lasomme, 8c éxigérent de plus que les Carthaginois abandonnassent tou-tes les Isles qui sont entre la Sicile 8c l’Itaîie.

Resté- Ainsi finit la guerre des Romains contre les Carthaginois pour la Sí-sur'cette c ^ c ’ 2 près avoir duré pendant vingt-quatre ans sans interruption ; guer-guerre. re la plus longue ) la moins interrompue, & la plus grande dont nousaions jamais entendu parler; guerre dans laquelle, fans parler des au-tres exploits que nous avons rapportez plus haut, il se livra deux batail-les, dans l’une desquelles il y avoir plus de cinq cens galères à cinqrangs, 8c dans l’autre près de sept cens. Les Romains en perdirent septcens, en comptant celles qui périrent dans les naufrages, & les Cartha-ginois cinq cens. Après cela ceux qui admirent les batailles navales 8cles flottes d’Antigonus,de Ptolomée & de Démétrius,pourront-ils, fansune surprise extrême, réfléchir fur ce que l’Histoire nous apprend decette expédition? Si l’on compare les Quinquerémes dont on s’y est ser-vi avec les Trirèmes que les Perses ont emploiées contre les Grecs, 8ccelles' que les Athéniens 8c les Lacédémoniens ont équipées les uns con-tre les autres, on conviendra qu’il n’y eut jamais fur mer des armées decette force. Ce qui prouve ce que nous avons avancé d’abord, quequelques Grecs aíîurent fans raison que les Romains ne doivent leurssuccès qu’à la fortune & à un pur hazard. Après s’être formez aux gran-des entreprises par des expéditions de cette conféquence, ils ne pou-voient rien faire de mieux que de se proposer la conquête de l’univers,& ce projet ne pouvoit manquer de leur réussir.

Quelqu’un me demandera peut-être d’où vient que maîtres du mon-de entier, 8c par conféquent plus puiíîans qu’ils n’étoient alors, ils nepeuvent plus équiper tant de vaisseaux, ni mettre en mer de si nom-breuses flottes. Nous éclaircirons cette question, lorsque nous en vien-drons à l’explicatiort de leur gouvernement. C’est une matière dont onne doit parler qu’exprès, & qui mérite toute sorte d’attention ; matièrequi, quoique très-curieufe, a pourtant été, si je l’ofe dire, inconnuejufqu’à présent par la soute des Historiens: les uns n’aiant fçû ce qui enétoit, les autres n’en aiant parlé que d’une maniéré embaraífee, 8c donton ne peut tirer aucun fruit. Au reste il est aise de voir, que c’étoit lemême esprit qui dans cette guerre animoit les deux Républiques. Mê-mes desseins de part & d’autre, même grandeur 1 ' de courage, mêmepassion de dominer. A l’égard des soldats, on ne peut disconvenir queses Romains n’euísent tout l’avantage fur les Carthaginois. Mais ceux-cide seur côté avoient un Chef qui l’emporta de beaucoup en conduite &cen valeur fur tous ceux qui commandèrent de la part des Romains. GeSort des Chef est Amilcar surnommé Barcas, pere de cet Annibal, qui dans l adeux e- flûte sit la guerre aux Romains.

kpafx es Après la paix ces deux Etats eurent à peu près le même sott-

Pen-