LIVRE I. CHAP. XIV. 2.2.5
loignées, & dont l’ennemi puisse se servir, s’il est important de fortifier le village, oude faire des coupures dans les rues, en soutenant les maisons ; si f Eglise est bonne, file village n’est point commandé par quelque hauteur, ou s’il peut etre tourné, il pla-quera par imagination, il le défendra de même : rien ne me paroît plus capable de for-mer le coup d’œil & le jugement que cette méthode. Apres avoir mûrement examiné &écrit ce qu’on aura remarqué & observé du cote des ailes, on doit parcourir tout lefront du champ de bataille d'une aile à l’autre.
Si l’armée est campée selon la coutume ordinaire, la cavalerie sur les ailes, & l’infan-terie au centre, on doit éxaminer le terrain que la premiere, a devant elle, & s’il est pro-pre à cette arme: s’il est couvert & qu’il forme une plaine assez spacieuse pour contenircette aile de cavalerie, celui qui l’éxamine ne doit pas se regler là-dessùs : il doit obser-ver le terrain qui est en delà, & que l’ennemi doit occuper ; car le poste de P un doitservir de régie à l’autre pour la disposition des armes. En effet si 1 ennemi qu’on veutcombattre, ou qui cherche à nous attaquer, a derrière ou devant lui un terrain tout dif-férent , & favorable à P infanterie, il est aisé de comprendre par le raisonnement & lesrégies de la guerre, que si l’ennemi est pouffé jusqu’à P endroit couvert qu’il aura der-rière lui, que la cavalerie devient alors inutile, qu’elle ne pourra pousser plus loin sonavantage, & qu’elle sera repoussée par l’infanterie que l’ennemi plus habile & plus senséaura lo^ée dans ces lieux couverts pour soutenir sa cavalerie.
Cette observation doit lui faire connoître la nécessité de faire soutenir cette aile parUne autre d’infanterie à la seconde ligne (2) ; car si la cavalerie de la première ligne (z)est poussée par (4) jusqu’à l’insanterie ennemie (5) , logée.dans ces endroits couverts, ilne faut pas douter qu’elle ne se rallie sous le feu de cette infanterie, qu’elle ne revienneensuite à la charge, & que l’insanterie ne s'introduise dans les escadrons: on peut jugerce qu’il peut arriver, si l’on n’a pas de l’infanterie a lui opposer ; au lieu qu’en faisantsoutenir une aile de cavalerie par une d’insanterie à la seconde, & des pelotons (6) en-trelassez & emboîtez dans les escadrons, on se trouve en état, après avoir battu (4), dele culbuter fur son infanterie (;), & de l’attaquer à l’instant par Piníanterie (2), qu’onfera passer promptement entre les distances des escadrons. Ces raifonnemens naissent aisé-ment par l’inspection du terrain. On juge alors qu’une aile de cavalerie soutenue par el-le seule ne vaut rien, & que le Général auroit dû faire camper de l’insanterie où il amis:de la cavalerie: on remarque cette faute pour en faire usage, & en avertir le General,s’il est capable de recevoir un avis de cette importance. Qu’on ne nous dise pas qu’ontombe rarement dans ces sortes de fautes, nous répondrions qu’on les remarque tous lesjours dans les campemens, & qu’on est obligé, lorfqu’on fe trouve attaqué, de faireUne infinité de manœuvres toujours dangereuses en présence de l’ennemi, en changeantUne arme, & la remplaçant par une autre. Je pourrais citer une infinité d’éxemples,même de nos jours, si cette matière n’étoit un peu trop abondante pour l’alonger pardes faits d’une beaucoup moindre importance que des raifonnemens démonstratifs.
Tout le terrain du front de cette aîle étant bien observé, on pousse vers l’insanterie,'*}ue nous supposons au centre, on jette les yeux fur ce terrain, on s’apperçoit qu il estVarié, & mêlé en certains endroits de chicanes & d’obstacles très-propres pour l’infan-terie , & quelques autres où la cavalerie peut être d’un grand effet, soutenue par l’au-tre. Après avoir éxaminé le terrain de la droite de l’infanterie (7) , f 1 on trouve queh terrain est également avantageux d’un côté comme de l’autre , ou du moins propre àuette sorte d’arme, on avancera plus avant furie champ de bataille, ou fur le terrain queks deux armées doivent occuper des deux cotez. L on suppose qu il est différent deVautre que l’on vient d’observer, c’est une petite élévation de terre (8) qui va se perdre
pente douce jusqu’à l’ennemi (9). On doit 1 observer avec soin. Si le terrain qui luiTotn, 1, F f est