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Tome I.
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XIV
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’Puffea-dorfCom-ment, deRébusSuecicis.

sch PREFACE.

leur habileté. Quelquefois, à la vérité, nous disons librement ce quenous pensons de certaines entreprises qui ne nous paraissent pas avoir été. conduites selon les régies de la guerre : nous jugeons avec la même li-berté des autres qui ont été rejettées, ou négligées au moment de l’éxé-cution par une prudence mal entendue, par faute de hardiesse, par demauvais conseils ; Sc d’autres enfin qui ont échoué bien moins par lafaute du Général que par l’incapacité, la mauvaise volonté, la malice,ou la foibleíse de ceux qui en étoient chargez.

Mais la plupart de ceux-là font morts, & à l’égard des autres qui vi-vent encore, ils font aslêz raisonnables pour ne pas me savoir mauvaisgré de la liberté que je prens. Je ne pense pas que qui que ce soit secroie infaillible. En tout cas je ne veux pas qu’on m 5 accu se d’être dunombre de ceux qui aiment mieux mentir ou déguiser un fait, que des’exposer aux mauvais offices de ceux qui pourroient s’oppofer à leurfortune, ou les perdre tout à fait. A ce prix là je ne briguerai jamaisla faveur de personne, je fuis content de mon sort tel qu’il puisse être;& quand celui de Bélisaire me serait destiné, j’ai assez de courage Scde Philosophie pour le supporter. La vérité a été de tout tems opprimée;mais jamais les ennemis de cette vérité n’ont pû ôter la gloire, ou dumoins la consolation des persécutions aufquelles sont exposez ceux quirécrivent. 11 est pourtant certain que cette gloire, que produit la vé-rité , est infiniment plus grande dans le Prince , ou dans ceux quigouvernent, lorsqu’ils souffrent qu’on la dise & qu’on l’étaîe dans leplein jour.

Je ferais bien marri d’emploier le peu de taîens que Dieu m’a donnez,& le peu de tems qui me reste à vivre, à déguiser la vérité par de baisesflateries. Ce ne sont pas les fautes qui déshonorent un homme de guer-re, c’est la lâcheté & les mauvaises actions. Je n’attaque personne à cetégard; & si j’en rapporte de bien mauvaises & de bien infâmes, je lestire des exemples éloignez. Quelque éteinte que soit, dit Tacite, la fa-mille de ceux qui ont commis des tachetez, il s’en trouve toujours quel-ques-uns qui par ressemblance s’intéreísent à leur condamnation, & ncpeuvent souffrir les défauts ou les mauvaises actions dont l’Historien lescharge. Sur ce pied-là il faudroit jetter toutes les Histoires au feu.

Les Princes, les Grands du monde, ou les Généraux d’armées, ditquelque part un Historien judicieux, doivent s’imprimer fortement dansl’efprit que leur rang les exposant à la vue de tout le monde, tout cequ’ils font de bon Sc de mauvais est toujours connu d’un fort grandnombre de personnes, Sc les derniers ont pour témoins leurs soldats Scleurs Officiers, qui voient souvent fort clair. Un Historien est en droitde transmettre à la postérité leurs actions telles qu’il les trouve, ou tel-les qu’il les a vues; le seul moien que les uns Sc les autres aient pourprévenir le blâme des siécles à venir, est de bien faire: le Monarquepeut imposer silence à ses sujets tandis qu’il est en état de se faire crain-