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Tome I.
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XVIII
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PREFACE.

* LeComte«de Scru-te m-bourg,Génera-ìiss. desarméesde terrede la Ré-J>ub. de.Venise.

tre pour se défendre ; ne faut-ii pas que le plus fort ou le plus bravel’emporte íìir f autre ? Qu’on salle l’analyse des batailles de nos jours duplus grand éclat, du moins du plus grand nombre y mais qu’on la salleen connoilTeur, on verra fans surprise, que le hazard, le nombre ou lavaleur plutôt que la science y ont eu la meilleure part.

Qu’ils ne se choquent donc pas si nous voions clair, lì nous parlonscomme nous voions, Sc fi nous osons décider nettement & fans riencraindre fur ce que nous voions & fur ce que nous touchons. Qu’ilnous soit permis de nous servir de nos connoiílances, d’en faire l’usagequ’il nous plaît d’en faire, Sc d’apprendre aux autres ce que nous dé-couvrons ; il nous semble que ces sortes d’occupations sont fort inno-centes, qu’ils ne nous condamnent pas íì,sans avoir plusd’espritqu’eux,nous éxerçons ce que nous en avons sor des matières ausqueîles ils ne sesont pas appliquez, parce que leur attention est trop partagée, & qu’ilssont trop occupez de leurs plaisirs Sc de leur fortune.

Mais comme il n’y a personne d’infaillible en ce monde, Sc qu’il sepeut que nous nous soions mépris faute d’attention ; nous prions nosLecteurs d’y prendre bien garde, & d’éxaminer fans préoccupation sinous ne nous sommes point trompez Sc contredits quelque part, Sc dene rien croire , comme dit Descartes, que ce que /’ évidence oblige decroire.

Si l’on compare la maniéré dont je m’y sois pris pour découvrir tantde véritez perdues par l’ignorance des tems avec nos pratiques d’au-jourd’hui, je ne croirai pas avoir rendu un petit service à ceux de notreprofession & à la patrie, comme disoit Caton de ses Ecrits militaires.Un des plus profonds Sc des plus habiles Guerriers * de l’Europe, fa-meux par tant de belles actions qui embrassent presque toutes les partiesde la guerre, m’a fait l’honneur de m’écrire depuis peu touchant monLivre des Nouvelles ^Découvertes fur la Guerre , & sor celui-ci.

„ J’aurois souhaité , me dit-il dans fa lettre écrite d'Hannovert„ que mes affaires m’euílent permis de m’en retourner par la France„ pour m’entretenir avec vous, Mr. II est à souhaiter que votre Com-„ mentaire sor Polybe, Sc votre nouveau Système de discipline militai-taire Sc de tactique paroislènt bientôt, comme vous le promettez.Je le répété encore, j’aurois souhaité tout au monde pour avoir au-jourd’hui un tel Ouvrage. Tous les gens de guerre, Sc sor tout ceuxqui ont aísez de connoissance pour en profiter, ne sauroient aise 2vous en remercier.

Je n’ai pas eu d’autre dessein dans cet Ouvrage, que de mériter untel remerciment : j’ose m’y attendre en quelque façon. C’est toute larécompense que je demande d’une science dont l’objet est si grand & sinoble. Je n’ai eu d’autre deíîèin, dis-je, que de perfectionner cette.science autant qu’il a dépendu de moi, & de découvrir nos erreurs ) sens

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