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tien craindre, encore une fois, & fans trop me mettre en peine desplaintes de ceux qui font les plus ardents à les soutenir.
Je conviens avec le Père Malebranche, qu’// rìy a rien de plus rareque de trouver des personnes capables de f aire de nouveaux Systèmesdans les Sciences : cependant , ait-il, il n'est pas fort rare de trouverdes gens qui s'en soient formez quelqu'un a leur fantaisie. Mais degraíe de quoi s’agit-il? D’un Système généial de science militaire , di-ra-t-on,dont jufqu’ici personne ne s’étoit encore aviíe, qui combat tou-tes les pratiques généralement suivies de tout ce qu’il y a de grands Ca-pitaines depuis près de deux siécles ; cela est íerieux : mais je demandeà ceux qui fe scandalisent de ma conduite & de ma hardiestè, si depuisce tems-là on n’a rien changé dans notre méthode, même dans les plusgrandes parties de la guerre, 8c si l’on n’a pas abandonné certains usa-ges pour en prendre de tout nouveaux ? L’on n’en disconviendra paspeut-être : puisque chaque guerre a produit quelques nouveautez bon-nes ou mauvaises, 8c particulièrement dans la tactique. Qu’on ne di-se pas que ces altérations 8c ces changemens étoient de peu d’importan-ce, & qu’elles ne consistoient que dans des moiens de perfection quine changeoient en rien le fond des choses, Sc qui ne tendoient qu’à lesrendre plus éxactes & plus sûres dans leurs opérations.
Nous savons parfaitement le contraire par les Auteurs militaires, 8cpar les Historiens qui ont écrit depuis plus de deux siécles ; c’est làqu’on voit les méthodes différentes, les plans gravez, les ordres de ba-tailles , 8c les diverses pratiques dans l’art de se ranger 8c de combattre :Lc ce qui prouve manifestement combien nous étions peu versez dans latactique , 8c combien on en reconnoisloit le faux 8c l’absurde , c’estqu’on revenoit souvent auX mêmes usages qu’on avoit abandonnez ; onles quittoit ensuite pour d’autres qui ne valoient guéres mieux.
II n’y a guéres plus d’un siécle 8c demi que la cavalerie combattoitfur un seul rang; celui qui proposa cette méthode, dont la Noue semoque, n’étoit-il pas fou ? Et ceux qui la reçûrent étoient-ils plus sa-ges ? II est pourtant certain qu’avant ce tems-là on combattoit par esca-drons, on reprit ces escadrons, mais si gros 8c si profonds qu’on lesau-roit pris pour ceux des anciens Perses. On fe souvint que les Grecs 8cles Romains les faisoient plus petits , parce que le propre de la cavale-rie est faction 8c la célérité de ses manœuvres, que les mouvemens gra-ves ne conviennent pas à cette sorte d’arme, 8c que les flancs sont sifoibles qu’il n’y a rien de plus aisé à une petite troupe que d’en battreUne très-groíse, si celle-ci s’avise de laisser le front,Sc de s’abandonnersubitement sur le flanc.
Henri IV. sentit bien ce défaut, il sit ses escadrons plus petits, Sc endiminua la profondeur; 8c bien qu’ils fussent meilleurs, ils ne laislbientPas q U e d’être trop gros. Gustave-Adolphe, qui paíïè pour plus grandMaître que Henri IV. c’est beaucoup dire, changea tout dans la ca-
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