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Tome I.
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XXIV
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XXIV

VIE

de polybe

'An deRomepxLvm.

Polyb.Tom II.

P- 11 74-edit.Amstel.Polyb.

L. IV.T.I.p.

40 *.

OLYBE étoit de Mégalopolis, ville du Péloponèse dans T Arca-die. Il vint au monde environ Tan cinq cens quarante-huit de lafondation de Rome. Son père se nommoit Lycortas, illustre parla fermeté avec laquelle il soutint les intérêts de la République desAchéens, pendant qu’il la gouvernoit.

II fut élevé, comme tous les enfans de sa nation, dans un grandrespect pour la Divinité: pieux sentiment, ou les Arcadiens met-toient leur principale gloire, & dans lequel il persévéra si constamment pendant toutesa vie, qu’il est peu d’Auteurs profanes, qui aient pensé de Dieu plus noblement, &qui en aient parlé avec plus de dignité.

Pour la Politique, il eut pour Maître Lycortas son père, grand homme d'Etat; &pour la Guerre Philopcemen, un des plus habiles & des plus intrépides Capitaines del’antiquité. Ce fut dans ces deux écoles qu’il prit ces savantes leçons de gouvernement& de guerre, qu’il a mises lui-même en pratique, & qu il a fait passer à la postérité.

Comme le père & le fils se trouvent presque toujours joints ensemble dans les affairesde l'Achaïe, il n’est guéres possible de faire l'Histoire de l’un fans faire celle de l’au-Maccius. tre. Nous avons pû d’autant moins nous en dispenser, qu’il a plu à un Auteur du sié-cle passé d’avancer, contre l’autorité des Historiens les plus dignes de foi; que Polybeétoit un homme de néant, qui ne parloir de lui-même si souvent & si avantageusementdans son Histoire, que pour donner du relies à la bassesse de sa naissance, & du lustreà l’obscurité de sa vie. Quand les témoignages des Historiens nous manqueroient pourdétromper ceux qu’une pensée si bizarre auroit pu jetter dans l’erreur, l’élévation deson esprit & la noblesse de ses sentimens justifieroient assez son origine. Mais on vavoir par des faits, appuiez fur les autorisez les plus respectables, quel rang tenoient sonpère & lui dans la République des Achéens, & de quel secours ils'lui ont été dans 1 estems les plus fâcheux. Car le tems où ils gouvernement l’un & l’autre, est l’époque àpeu près du renversement de cette République. Ceci nous engage à donner au moinsune légère idée des révolutions qui y sont arrivées, depuis son établissement jusqu’à lamort de Philopcemen, à qui Lycortas succéda.

L’Achaïe, dont il est ici question, c’est le Péloponèse, c’est-à-dire tout ce païs dela Grèce, qui environné de trois mers, ne tient au continent que par l’Isthme de Co-rinthe. Tiíâméne fils d’Oreste en fut le premier Roi, & ses successeurs y régnèrenttranquillement jusques à Ogyges. Sous ses enfans, les Achéens indignez de sc voir sou-mis en esclaves, non à des Rois, mais à des Maîtres, changèrent la forme de leur gou-vernement. Us formèrent une ligue, qui ne fut d’abord composée que de douze villes ,*lavoir, Pâtres, Dymes, Phares, Tritta, Léontium, Egire, Palléne, Egium, Bure,Ceraunie, Oléne, & Hélice.

Cette ligue subsista jusqu’après la mort d’Aléxandre le Grand. Troublée sous ses

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