VIE DE POLYBE. ’xxv
faccesseurs, elle se rétablit vers la cent vingt-quatriéme Olympiade. Pâtres, Dymes, Olymp.Phares & Tritta se rejoignirent les premières : cinq ans après Egium chassa fa garnison, CXXIV -& se remit auffi en liberté; Bure se défit de son Tyran; Iseas, Tyran de Carye, It3ÌCÍ ' P-craignant le fort des autres, remit fa ville aux Achéens : de forte qu’en vingt-cinq ans 179 ’ces douze villes se retrouvèrent au même état qu’elles étoient avant leur séparation. A-ratus y joignit ensuite Sicyone sa patrie, Corinthe, Mégare. Il sut manier tous les es- p-1B1.prits avec tant d’art & de prudence, que les Tyrans n’attendirent pas qu'il prît les ar-mes contrieux pour quitter leur domination , & associer leurs villes à la République
naissante. Lyfiades céda Mégalopolis, Lyfimaque Argos, Xénon Hermione, Cleo P- ^3-nyme Phliasie. Enfin par le secours d’Antigonus & de Philippe, que cet habile Né-gociateur eut l’art de gagner aux Achéens, cette République se rendit maîtresse de toutle Péloponèse.
D’abord les assemblées se tinrent a Egium : dans la fuite, selon que les conjonctures Tit .Lh rle demandoient, ou qu’il plaisoit au Capitaine Général, tantôt elles se faisoient à Si-cyone, tantôt à Argos, tantôt à Mégalopolis. C’est là que se déclaroient les guerres, " 'que se concluoient les Traitez de paix ou d’alliance, que se prenoient toutes les résolu-tions , d’où l’on envoioit des Ambassadeurs, où l’on écoutoit ceux des autres Puissan-ces. Le Capitaine Général y présidoit, assisté de dix autres personnes choisies , quel’on appelloit Demiurgi. La charge de Général ne durcit qu’un an , sauf à reprendredans la fuite celui qui l’avoit auparavant occupée, si l'on avoit été content de son ad-ministration. Lorsqu’Aratus fut empoisonné par ordre de Philippe, il étoit dans sondix-septiéme Généralat.
Le Gouvernement étoit fondé sur peu de loix. La première étoit que l’on ne tien- ^glyb.droit d’Assemblée pour aucun Ambassadeur, qu’auparavant il n’eût montré ses instruo- p ’ j^g.rions par écrit La seconde, qu aucune Ville de la République n’envoieroit de son p auj ^ nchef & en particulier des Députez à aucune Puissance étrangère. Par la troisième , il ìn a-étoit défendu de recevoir des présens de quelque Roi que ce fût. La quatrième bor- àsonoir la durée du Conseil à trois jours, & ordonnoit que le Decret sc fit au quatrième. l’olyb.La dernière portoit qu’aucune Ville n’admettroit personne dans la ligue, que toutes les T ‘ n -autres n’y eussent consenti. P- 1181.
Ce que fit cette République de plus important pour maintenir fa liberté, futleTrai- An c,cté d’alliance qu’elle conclut avec Philippe de Macédoine. Ce Prince avoit brigué cet- ^,te confédération, pendant qu’Annibal étoit en Italie , prévoiant que de quelque côté rque tournât la victoire, il avoit tout à craindre du victorieux. II ne se déclara pas Lib. 'd abord, il attendit qu’un parti eût quelque avantage fur l’autre. La bataille de Tra- XXIX.syméne n’eut pas été plutôt gagnée, qu’il envola au Vainqueur cette Ambassade fameu-se dont Tite-Live rapporte les avantures, & qui fut la cause de la guerre, que les R o- ^ Lir *mains portèrent bientôt après dans la Macédoine. Philippe ne fut pas longtems fans soc- xxincomber à fa mauvaise fortune. Pressé tout à la fois par Attalus Roi de Pergame , parMarcus Valerius & par les Dardaniens, & ne pouvant tenir tête en même tems à tant An < 3 ed’ennemis, il fit íà paix avec les Romains, qui aiant Annibal sor les bras, ne furent pas Romefâchez de pouvoir différer la guerre de Macédoine , jusqu’à ce qu'ils eussent terminécelle qu’ils avoient à soutenir dans leur propre patrie. ^b'"
Celle-ci finie, sous prétexte de secourir les Etoliens, Attalus & les Rhodiens , qui XXIX.fe plaignoient de Philippe, on reprit les armes contre ce Prince. Après fa défaite, Fia- An deminius pensa à détacher de lui la ligue des Achéens. Il n’étoit pas aisé d’y réussir. RomeCe peuple étoit très-attaché au Roi de Macédoine, il en avoit reçu de grands secours ” LVn '.e n différentes occasions; il avoit même, par une loi expresse, défendu que l’on propo- 1Và rien dans le Conseil, qui sût contre l’alliance que la République avoit faite avec Phi- XXXIL
Tom, s, d lip-