Band 
Tome I.
Seite
XXVI
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Plut. flTlami-nio.

Tit. Liv.Lib.

XXX1H.

Id. L.

XXXVIII.

Ibid.

lbid.

xxwj VIE DE POLYBE,

lippe. Cependant une méchante harangue d’Aristéne, alors General, l’emporta fur tou-tes ces considérations. Philippe fut abandonné , il n'y eut que Dymes , Mégalopolis& Argos qui tinrent bon pour lui. Effet surprenant du bonheur des Romains : fanscette foibleffe des Achéens, jamais peut-être ils n’euffent mis le pied dans la Ma-cédoine.

Comment des Magistrats si clairvoians ne pré virent-ils pas, que les Romains ne leurpardonneraient jamais de s’être déclarez contre eux, & qu’ils leur feraient de leur al-liance avec Philippe un crime, qu’ils n’expieraient que par la perte de leur liberté?' Ilsne virent leur faute que quand il ne fut plus terns de la réparer. En vain élevèrent -ilsjusqu’aux nues le Consul , pour la liberté qu’il avoit rendue à la Gréce à Nemée enplein théâtre. En vain signalérent-ils leur zélé pour les Romains contre Nabis Tyrande Lacédémone, contre Antiochus, contre les Etoiiens & les Gallo-Grecs, ils s’apper-çûrent bientôt, qu’en faisant alliance avec les Romains , il ne leur restoit plus de leurancienne liberté, qu’autant qu’ils en useraient pour étendre la puissance & la domina-tion de ces impérieux Maîtres.

Sur des plaintes mal fondées de la part des M esséniens , Flaminius donna le tort auxAchéens, & fit de fanglans reproches à leur Capitaine Général d’avoir osé mettre le siè-ge devant Messéne fans son ordre. L’Iíle de Zacynthe , qu’ils avoient achetée d’unhomme à qui l’on n’en contestent pas la propriété , ils furent obligez de la lâcher auxRomains fur une décision de Flaminius , laquelle condamnent plus les Romains mêmesque les Achéens. Ce Consul compara le Péloponèse à une écaille , & ses peuples à latortue qui y est enfermée ; & là-dessus il prononça gravement, que comme la tortuen’est en sûreté, contre les insultes du dehors, qu’autant qu’elìe ne s’ctend pas au-dèlide son écaille, de même il étoit dangereux pour les Achéens de posséder quelque chosehors du Péloponèse. Quel coup de foudre pour le brave Philopœmen !

Il eut bien plus à souffrir dans la fuite. Quand le même Consul rendit, au moins enapparence, la liberté à tous les peuples de la Gréce, il fut réglé que les Achéens au-raient la garde de toutes les places maritimes de la Laconie. Les Lacédémoniens, mal-gré ce Traité, aiant insulté une bourgade de la côte, toutes les autres places, craignantpour elles-mêmes, envoiérent aux Achéens des Députez. Philopcemen, qui gouver-nent alors, fit assembler le Conseil, & il y sut conclu qu’on obligerait les Spartiates àlivrer tous ceux qui avoient eu part à l’infraction du Traité. On porte cet ordre auxLacédémoniens : mais ceux-ci, loin d’obéir, députèrent à Fulvius, qui étoit à Cépha-lénie, pour le prier de venir dans k Péloponèse, & de prendre leur ville fous la pro-tection du peuple Romain. A cette nouvelle les Achéens prennent les armes contre cesrebelles, & ne cessent pendant tout l’hiver de les harceler.

Pour mettre ordre à ces brouilleries, le Consul vient dans le Péloponèse, le Conseilpar son ordre s’assemble à Elis, & il y est défendu aux deux partis de fe faire la guerre,jufqu’à ce qu’ils aient député à Rome, pour savoir les intentions & recevoir les ordresdu Sénat. Diophanes & Lycortas y allèrent de la part des Achéens: celui-ci plein dezélé pour les intérêts de fa République, & instruit par Philopœmen, demanda qu’il fi-* 1permis aux Achéens d’agir selon leurs loix, & d’user de la liberté que les Romains eux-mêmes leur avoient rendue : l’autre, lâche adulateur, fe contentoit que les Romains fus-sent les Arbitres de la contestation. Le Sénat eut assez de peine à se déclarer. Il auroitbien voulu qu’il ne fût rien changé de ce qui avoit été réglé au sujet des Lacédémo-niens ; mais d’un autre côté il craignoit de choquer les Achéens qui étoient à Rome engrande considération. Le parti qu’il prit, fut de répondre d’une maniéré si équivoque,que les Achéens crurent avoir obtenu tout ce qu’ils íbuhaitoient, & que les Lacédémo-niens ne leur crurent pas tout accordé.

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